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Ce que nous avons entendu : l’événement parallèle ministériel du B7 sur l’industrie, le numérique et la technologie
Le 8 décembre dernier, des chefs d’entreprise, des représentants gouvernementaux et des partenaires internationaux du G7 se sont réunis à Montréal à l’occasion de la réunion ministérielle parallèle du B7 sur l’industrie, le numérique et la technologie, organisée par la Chambre de commerce du Canada en collaboration avec Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE).
Le 8 décembre dernier, des chefs d’entreprise, des représentants gouvernementaux et des partenaires internationaux du G7 se sont réunis à Montréal à l’occasion de la réunion ministérielle parallèle du B7 sur l’industrie, le numérique et la technologie, organisée par la Chambre de commerce du Canada en collaboration avec Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE). Cet événement s’appuie sur la dynamique du sommet du B7 de 2025 et du communiqué officiel du B7, et reflète les thèmes clés abordés lors de la réunion ministérielle du G7.


Catherine Fortin Lefaivre, première vice-présidente, Politique internationale et partenariats mondiaux, Chambre de commerce du Canada, a souhaité la bienvenue aux participants et a donné le ton collaboratif et positif de l’ordre du jour de l’après-midi, qui a débuté par un discours liminaire du ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, Evan Solomon.
Le ministre Solomon s’est retiré de la présidence de la réunion ministérielle du G7 pour rappeler aux participants du B7 que la technologie doit renforcer l’ouverture des marchés, et non les fragmenter, et que dans un monde de plus en plus divisé, le G7 incarne l’alignement. Il a reconnu que si l’IA est une technologie controversée qui bouleverse tous les secteurs de notre économie, elle est également un facteur déterminant de concurrence. La deuxième vague technologique, celle du quantique, approche à grands pas et ouvrira des marchés entièrement nouveaux, permettra des découvertes et définira ce qui se passera dans les mois et les années à venir. Mais l’adoption de technologies telles que l’IA et l’informatique quantique évolue à la vitesse de la confiance, c’est pourquoi le gouvernement fédéral tente de concevoir un système aussi agile que les technologies qu’il régit. Le ministre Solomon a promis que la prochaine phase de la stratégie canadienne en matière d’IA et de technologie quantique serait non seulement solide, mais aussi concurrentielle, favorisant la commercialisation et plaçant le Canada aux commandes.
Panel 1 : Promouvoir l’adoption de l’IA au sein du G7


Modératrice : Nicole Foster, responsable des politiques publiques AWS (Canada), Amazon
Intervenants : Max Fenkell, responsable mondial des politiques et des relations gouvernementales, adoption de l’IA; Nicole Isaac, vice-présidente, Politiques publiques mondiales, Cisco; Kate Purchase, directrice principale, Gouvernance internationale de l’IA, Microsoft; Jean-Simon Venne, cofondateur et directeur de la technologie, Brainbox.
Le panel a commencé par livrer un message fort aux participants : l’IA n’est pas seulement une possibilité, mais une nécessité. Ils ont souligné l’importance des infrastructures, car la connectivité est essentielle pour développer les capacités de calcul et garantir l’accès à ces technologies à un plus grand nombre de personnes.
Le panel a plaidé en faveur de la superposition de données précises sur des modèles à usage général afin de garantir un modèle qui connaît votre cas d’utilisation et peut fournir une expertise en la matière. Ils ont également abordé les principaux obstacles à la diffusion et à l’adoption : l’électricité/l’énergie, le manque d’infrastructures de connexion et la formation de la main-d’œuvre, ainsi que certains obstacles moins évidents, comme la langue. La question posée était la suivante : comment mettre davantage de langues en ligne afin d’accroître l’adoption? La création de piles technologiques plus spécialisées, plutôt que de modèles polyvalents, permettra de mieux « localiser » l’IA en tenant compte des nuances culturelles et linguistiques.
Panel 2 : Résilience de la chaîne d’approvisionnement

Modératrice : Yvonne Denz, présidente et cheffe de la direction, Chambre de commerce du Canada
Intervenants : Kevin Allison, fondateur et président, Minerva Technology Futures; Karen Mazurkewich, vice-présidente, Relations avec les parties prenantes et communications, Aéroport international Pearson de Toronto; Annika Schoch, vice-présidente, Services financiers et commerciaux, Roche.
Les participants ont donné des exemples illustrant comment ils utilisent l’IA pour garantir la fiabilité des chaînes d’approvisionnement. On a utilisé des capteurs IA pour enregistrer les arrivées et les départs des avions afin d’améliorer l’efficacité, et utilisé l’IA pour prévoir la demande et gérer de manière proactive les stocks pharmaceutiques. Les participants ont discuté des moyens d’encourager la communication de renseignements entre les entreprises dont les chaînes d’approvisionnement constituent un avantage concurrentiel.
Le panel a également abordé la question de l’influence croissante des politiques gouvernementales sur les chaînes d’approvisionnement, les changements apportés aux politiques d’un pays ayant des répercussions sur les chaînes d’approvisionnement d’un autre pays. Les participants ont été encouragés à réfléchir à leurs principales vulnérabilités en fonction de leur perception de l’évolution de l’environnement géopolitique.

Panel 3 : Tirer parti du code source ouvert pour atteindre la souveraineté en matière d’IA et la sécurité économique


Modératrice : Valeria Pisano, présidente-directrice générale, Mila
Intervenants : Kevin Chan, directeur principal, Stratégies de campagne de politique mondiale, Meta; Irene Solaiman, directrice des politiques, Hugging Face; Marc Surman, PDG, Mozilla.
Les intervenants, tous fervents défenseurs du code source ouvert d’IA, ont souligné leurs capacités à accélérer l’innovation, à démocratiser l’accès et à réduire le coût d’adoption. Bien que la souveraineté et le code source ouvert puissent sembler incompatibles, les intervenants ont fait valoir que le code source ouvert permet aux utilisateurs de s’approprier quelque chose qui a été créé, plutôt que de le « louer ». Les organisations ou les gouvernements peuvent adopter le code source ouvert et l’adapter à leur culture, notamment en l’intégrant dans les langues et dialectes locaux.
Et comme tous les pays ne peuvent pas créer de toutes pièces une économie dynamique fondée sur l’IA, le code source ouvert leur permet de rattraper leur retard presque immédiatement, car il est déjà développé et n’accuse généralement que quelques mois de retard par rapport aux modèles pionniers. Les participants à la table ronde ont qualifié cela de point de départ essentiel pour toute puissance moyenne et ont encouragé les gouvernements à mieux faire connaître les avantages du code source ouvert.
Panel 4 : Renforcer la coordination de la base industrielle de défense du G7


Modératrice : Joanne Lostracco, directrice générale (secteur de Washington), Approvisionnement de la défense, Services publics et Approvisionnement Canada
Intervenants : Johan Gott, directeur, Conseil aux entreprises, Eurasia Group; Martin Rivest, directeur, CortAIx; Rajeev Roy, directeur technique, D-TA Systems Group; Keith Webster, président, Conseil de la défense et de l’aérospatiale, Chambre de commerce des États-Unis.
Ce panel a abordé les défis liés aux marchés publics, soulignant le fossé persistant entre les producteurs et les utilisateurs finaux. Les participants ont appelé le gouvernement à faciliter le passage de la recherche et développement à la mise en œuvre. Un intervenant a souligné que la sécurité économique n’est possible que lorsqu’il y a sécurité nationale : les nations doivent dépenser de l’argent pour se procurer le matériel nécessaire à l’équipement de l’armée. Il s’agit là d’une condition préalable à la sécurité nationale, qui est elle-même nécessaire pour garantir la sécurité économique. Les intervenants ont reconnu que l’IA n’est pas seulement un complément, mais un pilier essentiel qui doit être déployé pour favoriser l’écosystème qui commencera à apporter l’innovation à nos forces armées.
Panel 5 : Approches résilientes pour la mise en place d’une infrastructure d’IA dans les pays du G7


Modérateur : Marc-Étienne Ouimette, fondateur, Cardinal Policy
Intervenants : Shannon Bell, vice-présidente exécutive, directrice numérique et directrice des systèmes d’information, OpenText; Chris Lehane, directeur des affaires internationales, OpenAI; Chris Mada, vice-président, Solutions numériques et produits clients, Telus; et Imran Shafi, OBE, vice-président senior, NScale.
Le dernier panel de la journée s’est concentré sur la souveraineté opérationnelle : qui détient le bouton d’arrêt d’urgence en cas de problème? Aussi, qu’est-ce qui doit rester souverain et ce qui peut continuer à fonctionner dans le domaine public. Les participants ont reconnu que la mise en place de centres de données de la taille et de l’échelle nécessaires pour les ensembles de données à usage général est extrêmement coûteuse; ils devraient créer des centres uniquement pour les données critiques, telles que les ensembles de données protégées qui doivent rester souveraines. Le panel a averti qu’il était dangereux d’investir massivement dans des infrastructures dont les pays n’ont pas besoin. Au lieu de cela, les gouvernements devraient contribuer à faciliter la demande et garantir l’accès aux ressources informatiques aux chercheurs qui souhaitent travailler dans le pays ou collaborer avec les entreprises locales afin de les inciter à le faire.
Les panélistes ont encouragé les participants à investir autant que possible à l’échelle locale afin d’avoir d’une main-d’œuvre solide et de leviers économiques puissants, mais sans investir de manière inconsidérée. Revenant sur un panel précédent, ils ont conseillé aux participants de trouver un modèle ou de partir d’un code source ouvert plutôt que de tout créer à partir de zéro.
Pleins feux sur la technologie

En plus des cinq panels et de leurs excellents intervenants et modérateurs, nous avons entendu Robbert Barcuh, vice-président senior des affaires publiques – Europe et relations multilatérales chez Universal Music Group, parler de l’utilisation de l’IA dans l’écosystème musical et de la manière dont l’art est protégé, tout en étant développé grâce aux technologies et aux outils les plus récents.
Nous avons également entendu Ivan Zhang, cofondateur de Cohere, lors d’une discussion informelle avec Valerie Pisano, au sujet des grands modèles linguistiques et de l’avenir du leadership mondial en matière d’IA. M. Zhang a déclaré que le Canada occupe une position privilégiée, car le pays dispose des capacités informatiques, des talents et des innovateurs nécessaires pour devenir un leader dans le domaine de l’IA. Il a toutefois souligné que nous devons mettre en place un écosystème plus complet pour convaincre les jeunes talents de faire carrière au Canada.

Clôture de l’événement



Pour conclure la soirée, notre présidente et cheffe de la direction, Candace Laing, a partagé quelques réflexions sur la journée et sur sa participation à la réunion ministérielle du G7 qui s’est tenue à proximité, avant de céder la parole à Jill Briggs, responsable des affaires publiques chez Meta. Le ministre Evan Solomon est ensuite revenu saluer les délégués lors de la réception de bienvenue du G7/B7 avant de céder la parole à la ministre de l’Industrie et ministre responsable pour le développement économique Canada pour les régions du Québec pour Innovation, Sciences et Développement économique Canada, Mélanie Joly. Nous sommes reconnaissants aux ministres d’avoir participé à cet événement.

Nous avons également eu l’honneur d’accueillir la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, qui nous a fait l’honneur d’une visite surprise et spéciale au cours de la journée.
B7 de 2026
Cette réunion ministérielle marque la fin des fonctions officielles de la Chambre de commerce du Canada en tant que présidente du B7 de 2025. Nous sommes impatients de transmettre à nos collègues français le privilège et la responsabilité de représenter le B7 sur la scène internationale en 2026.
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