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Enjeux politiques : l’importance du commerce américain et de la diversification commerciale
Au fil de l’histoire, le Canada a eu le choix entre trois options commerciales. Or, il existe une quatrième option…

Le commerce n’a jamais eu autant d’attrait.
C’est du moins ce qu’a déclaré Maninder Sindhu, ministre du Commerce international, lors de notre Sommet sur l’avenir des affaires en avril. Et rien n’est plus vrai : le commerce est un sujet brûlant ces derniers temps, les discussions portant généralement sur les échanges avec les États-Unis, et plus précisément sur l’ACEUM et la diversification des échanges.

La quatrième option
Au fil de l’histoire, le Canada a eu le choix entre trois options commerciales :
- s’appuyer fortement sur les États-Unis en matière de commerce;
- s’intégrer étroitement aux États-Unis au moyen d’accords tels que l’ALÉNA et l’ACEUM;
- conclure des échanges commerciaux avec d’autres partenaires que les États-Unis.
Or, il existe une quatrième option.
Nous partageons un continent avec les États-Unis et, au fil des décennies, nous avons massivement (et délibérément) intégré notre économie à la leur.
- Les exportations vers les États-Unis soutiennent 2,6 millions d’emplois au Canada, tandis que les exportations vers le Canada soutiennent 1,4 million d’emplois aux États-Unis.
- Plus de 63 % des exportations canadiennes vers les États-Unis et environ 50 % des exportations américaines vers le Canada sont des intrants intermédiaires, c’est-à-dire des biens utilisés pour fabriquer d’autres biens.
- Les transactions entre sociétés liées représentent plus de la moitié de la valeur totale des exportations du Canada vers les États-Unis.
C’est pourquoi la quatrième option correspond au scénario commercial « oui/et ». « Oui » : nous souhaitons effectivement préserver notre accès au marché américain, car, même si cela ne semble pas être le cas pour l’instant, nos relations avec les États-Unis restent extrêmement avantageuses pour les travailleurs, les consommateurs et la compétitivité nord-américaine. « Et » : nous souhaitons également accroître nos échanges commerciaux avec les marchés non américains.
C’est pourquoi la Chambre de commerce du Canada organise des missions commerciales internationales dirigées par des entreprises aussi bien aux États-Unis que sur les marchés du monde entier. En 2025, nous avons organisé six missions commerciales aux États-Unis, en Angleterre et en Afrique du Sud. En 2026, nous sommes déjà allés au Mexique et aux États-Unis, et nous nous rendrons également en Belgique, au Japon et en France dans le courant de l’année.

« Oui » : préservons nos échanges commerciaux avec les États-Unis
Même si nous n’allons pas nous couper du marché américain, nous pouvons et devons reconnaître que nous nous trouvons dans une situation nouvelle qui nous contraint à gérer le risque stratégique lié au maintien, voire à l’intensification, de nos relations avec les États-Unis.

L’ACEUM
L’ACEUM est entré en vigueur en mars 2020, remplaçant l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Il sera réexaminé en juillet, alors que les trois pays décideront s’ils le prolongent pour une nouvelle période de 16 ans. S’ils choisissent de ne pas le faire, un examen aura lieu chaque année jusqu’à l’expiration de l’Accord en 2036.
On a présenté la date butoir du 1er juillet comme un jalon décisif, mais, en réalité, rien n’a vraiment changé. La grande majorité des biens et services continuent de bénéficier des tarifs douaniers faibles ou nuls prévus par l’ACEUM. En fait, le recours à l’ACEUM reste à son plus haut niveau depuis 20 ans, 83 % des exportations de biens ayant déjà fait l’objet d’un traitement préférentiel au titre de l’ACEUM cette année.
Les Américains laissent entendre depuis un certain temps déjà qu’ils ne s’attendent pas à ce qu’un accord soit conclu ou à ce que le délai soit prolongé d’ici le 1er juillet. Malgré tout, les négociations visant à conclure un accord qui maintienne ou modernise l’accord actuel se poursuivent.
Même si le passage à des révisions mensuelles ou annuelles n’apportera pas aux entreprises la certitude qu’elles attendent et dont elles ont tant besoin, l’accord restera en vigueur jusqu’à ce que l’un des trois pays participants se retire légalement. Pour se retirer, un pays doit en informer par écrit les autres parties. Le retrait prend effet six mois après la transmission de la notification écrite.

Renforcer l’économie canadienne
Tout en poursuivant nos échanges commerciaux avec les États-Unis, nous devrions également renforcer notre propre économie de manière à ne pas dépendre de nos relations avec notre voisin du sud. Pour ce faire, nous devons accroître de manière significative notre attrait global en tant qu’endroit pour faire des affaires. Nous pourrons ainsi attirer plus d’investissements internationaux, retenir les investissements nationaux et être un acteur compétitif sur la scène mondiale.

« Et » : Diversification des échanges
La diversification des échanges vise à renforcer la résilience économique. Les entreprises savent qu’on ne peut pas survivre longtemps avec un seul client. En élargissant les marchés avec lesquels nous commerçons, les entreprises canadiennes disposeront de plus d’options lorsque la situation deviendra difficile dans certaines régions.
Le Canada a conclu 15 accords de libre-échange qui nous garantissent un accès préférentiel à 51 pays, lesquels totalisent 1,5 milliard de consommateurs et 61 % du PIB mondial. Ce sont peut-être les gouvernements qui signent les accords de libre-échange, mais c’est aux entreprises qu’il revient véritablement de les transformer en source de prospérité.
Comme nous l’avons souligné lors de notre premier Sommet sur l’avenir des affaires en avril, la diversification commerciale est un processus qui s’étend sur plusieurs années, et les entreprises canadiennes doivent l’entamer dès aujourd’hui.

Portrait de la diversification des échanges du Canada à ce jour
At thÀ l’échelle nationale, les exportations vers les États-Unis ont diminué entre 2024 et 2025, tandis que celles vers le reste du monde ont fortement augmenté. À première vue, il semble s’agir d’un virage décisif vers la diversification. Or, la structure sous-jacente de l’économie commerciale canadienne évolue moins que ne le laisse entendre le titre.
Les conclusions du rapport Données trimestrielles sur les entreprises (T1 2026), publié par notre Laboratoire de données sur les entreprises, révèlent que, au cours des 12 derniers mois, seulement 3 % des entreprises ont diversifié leurs ventes hors des États-Unis. En réponse aux tarifs douaniers américains sur les exportations canadiennes, 62 % des entreprises n’ont pris aucune mesure et 13 % ont augmenté leurs prix.
La croissance des exportations hors des États-Unis est principalement attribuable à l’intensification des activités des exportateurs existants, et non à l’augmentation du nombre d’entreprises se lançant dans le commerce international.
Une grande partie de la croissance des échanges commerciaux hors des États-Unis se concentre dans une poignée de régions métropolitaines de recensement (RMR), notamment :
- Calgary, avec une croissance nette des exportations hors des États-Unis de près de 65 % (2024 à 2025);
- Ottawa-Gatineau, avec une croissance nette d’environ 64 %;
- Toronto et Saskatoon, avec une croissance nette de plus de 32 %.
La diversification est en marche, mais elle se concentre généralement au sein d’un groupe restreint d’entreprises et de villes.

Le rôle des PME
Le défi de la diversification du Canada ne se résume pas à l’accès aux marchés ou à la géographie (de nombreux obstacles traditionnels à l’exportation, tels que la distance, la logistique et l’échelle, s’assouplissent), mais consiste également à aider davantage d’entreprises à considérer la croissance internationale comme un objectif réalisable et de plus en plus nécessaire.
Comme l’indique l’article Virage ou vulnérabilité : Les villes canadiennes se détournent-elles des États-Unis?, si le Canada souhaite que la diversification soit structurelle, il faut que davantage d’entreprises, en particulier les petites ou moyennes entreprises (PME), participent au commerce mondial.
Environ 90 % des PME non exportatrices continuent de qualifier leurs activités de « locales », même si nombre d’entre elles produisent des biens ou des services présentant un potentiel international.tial.

En savoir plus
Aujourd’hui, plus que jamais, il est essentiel de miser davantage sur la collaboration et les partenariats internationaux. Pour en savoir plus sur nos prochaines missions dirigées par des entreprises, rendez-vous sur notre page Missions internationales.
Pour découvrir des ressources utiles qui vous aideront à développer votre entreprise à l’international, visitez le site Web d’Exportation et développement Canada (EDC).
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