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Enjeux politiques : Comment un budget fédéral favorable aux entreprises soutiendra l’économie canadienne

Le budget fédéral de 2026 indiquera quels enjeux économiques seront les priorités du gouvernement – et c’est pourquoi il est essentiel qu’il tienne compte des besoins des entreprises canadiennes.

9 septembre 2025

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L’important bouleversement du commerce mondial a révélé dans l’économie canadienne des failles que nous colmatons depuis des décennies avec des exportations – mais il est temps d’y apporter des solutions à long terme.

Des progrès ont déjà été accomplis, comme en témoigne l’adoption récente du projet de loi C-5. Tant que les pouvoirs prévus par le projet de loi seront utilisés de manière responsable et dans le respect total des normes environnementales et des droits des communautés autochtones, le projet de loi C-5 peut simplifier les échanges entre les provinces et les territoires et permettre la réalisation de grands projets énergétiques et d’infrastructure.

Mais nous avons besoin de plus.

Le budget fédéral de 2026 indiquera quels enjeux économiques seront les priorités du gouvernement – et c’est pourquoi il est essentiel qu’il tienne compte des besoins des entreprises canadiennes. En août, nous avons soumis des recommandations au nom de nos membres au Comité permanent des finances dans le cadre de sa consultation prébudgétaire. Outre les recommandations sur le commerce et les échanges internationaux qui répondent à l’actualité, nous avons également abordé des questions touchant les ressources naturelles, les talents et l’immigration ainsi que la fiscalité et l’investissement.

Commerce et échanges internationaux


Chaînes d’approvisionnement

Le commerce repose sur la confiance. Si les entreprises canadiennes ne peuvent pas acheminer leurs marchandises vers les marchés, que ce soit en raison d’interruptions de travail ou de contraintes d’infrastructure, nous risquons de perdre ces marchés tout en mettant en péril nos efforts de diversification de nos relations commerciales. C’est pourquoi nous avons demandé au gouvernement de faire ce qui suit :

  1. S’engager à investir à long terme dans le commerce grâce à un plan d’infrastructure commerciale du Canada. Nous devons construire et entretenir de manière avisée nos ports, nos aéroports, nos chemins de fer, nos routes, nos pipelines et notre réseau énergétique.
  2. Protéger les chaînes d’approvisionnement en donnant aux parties et au gouvernement les outils nécessaires pour résoudre les conflits du travail. Le gouvernement devrait modifier le Code canadien du travail afin de fournir de nouveaux outils de règlement des différends pour toutes les infrastructures commerciales sous réglementation fédérale.

Pour en savoir plus sur nos interventions en faveur de la circulation des biens (et le dynamisme de notre économie), visitez notre page Conseil pour les chaînes d’approvisionnement.

Diversification des échanges

Si les gouvernements peuvent s’engager dans des accords et des négociations, ce sont cependant les entreprises qui font du commerce. Les efforts de diversification commerciale ne pourront aboutir que si les entreprises de toutes tailles et de toutes les régions ont un accès significatif à d’autres marchés étrangers. C’est pourquoi nous avons demandé au gouvernement de donner au secteur privé les moyens de faire progresser la diversification et la promotion du commerce.

Parallèlement aux initiatives commerciales menées par le gouvernement, les associations commerciales canadiennes comme la Chambre de commerce du Canada mobilisent les acteurs et les partenaires au-delà des frontières en organisant de façon indépendante des missions sectorielles axées sur les entreprises. Le financement public peut aider ces missions menées par le secteur privé à se développer pour avoir une plus grande portée et un plus grand impact.

Ressources naturelles


Dans un précédent numéro d’Enjeux politiques, nous avons expliqué pourquoi la politique environnementale du Canada est plus problématique que productive. Les ressources naturelles du Canada – notamment le pétrole, le gaz, les minéraux essentiels, le bois et l’aluminium – représentent près de 20 % de notre PIB. Nous devons à nos ressources naturelles plus de la moitié de nos exportations vers les États-Unis.

Pour aider le secteur, quelques politiques et règlements doivent être modifiés immédiatement :

  • La Loi sur l’évaluation d’impact : Nous avons besoin d’un cadre prévisible pour tous les grands projets d’infrastructure, au-delà de ceux qui sont désignés comme étant « d’intérêt national », comme le prévoit le projet de loi C-5. Sans une réforme politique plus en profondeur, nous risquons de créer un système à deux vitesses où certains projets sont accélérés, tandis que d’autres subissent des retards inutiles.
  • Le Règlement sur les plafonds d’émissions de gaz à effet de serre du secteur pétrolier et gazier : En principe, le Règlement ne plafonnera pas la production, mais c’est exactement ce qu’il fera selon le directeur parlementaire du budget. Avec la demande internationale croissante d’énergie, le Canada doit produire plus de pétrole et de gaz, et non moins. 
  • Les dispositions relatives à l’« écoblanchiment » dans la Loi sur la concurrence : S’il est important de lutter contre les allégations environnementales trompeuses, la modification a commencé à museler les efforts de bonne foi des entreprises pour tendre vers les objectifs environnementaux.

Plus tôt cette année, notre Conseil de la sécurité énergétique a publié La vision énergétique du Canada : Un plan directeur pour la sécurité, la prospérité et l’unité nationale. Le rapport présente une vision stratégique pour le gouvernement du Canada afin d’assurer un approvisionnement abordable, sûr et durable en énergie de sources conventionnelles et propres, non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour nos partenaires mondiaux.

Pour en savoir plus sur nos interventions en faveur des ressources naturelles, consultez les pages de notre Conseil des minéraux critiques et de notre Conseil de la décarbonation et les technologies propres.

Talents et immigration


Immigration stratégique

L’immigration est une valeur traditionnelle fondamentale du Canada et un moteur essentiel de l’économie. Cependant, dans le contexte de pressions importantes sur le logement, les infrastructures et les services sociaux, les Canadiennes et Canadiens ont perdu confiance dans notre système d’immigration. La mise en œuvre par le gouvernement de changements radicaux et à courte vue des politiques d’immigration temporaire et permanente a un impact sur les entreprises de tout le pays et causera probablement d’importants dommages à notre économie à long terme. Nous avons besoin d’une politique d’immigration efficace qui réponde à nos besoins économiques actuels et futurs. C’est pourquoi nous faisons les recommandations suivantes :

  • Faire du développement des talents technologiques une priorité nationale. La demande de talents et de compétences continue d’évoluer dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la robotique, de la technologie quantique et de la cybersécurité. Afin d’accroître la compétitivité et l’adoption des technologies par les entreprises, ainsi que d’accélérer la productivité et la croissance économique, le Canada devrait mettre l’accent sur une approche globale pour développer les talents technologiques, notamment des programmes et des politiques ciblés visant à identifier, attirer, former et retenir des personnes hautement qualifiées.
  • Simplifier et rationaliser les programmes d’immigration actuels. Le gouvernement doit tirer parti de l’immigration, en faisant cadrer les programmes avec les besoins de compétences et de main-d’œuvre de l’économie future. Il doit parallèlement placer les besoins économiques des provinces et des territoires au premier plan de la sélection et de la rétention des immigrants pour faire en sorte que notre système réponde aux besoins régionaux en matière de main-d’œuvre.

Investir dans le perfectionnement et la reconversion des travailleurs

Les employeurs canadiens ont du mal à trouver les travailleurs et les compétences nécessaires à la croissance de leurs activités, notamment parce que les domaines de l’intelligence artificielle, de la robotique, de la quantique et de la cybersécurité continuent d’évoluer. C’est pourquoi nous avons demandé aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux de collaborer à l’élaboration d’une stratégie nationale en matière de main-d’œuvre. Cette stratégie viserait à combler les lacunes en matière de compétences dans les secteurs clés de l’économie. Elle devrait également prévoir des investissements ciblés dans le perfectionnement et la reconversion des travailleurs dans toutes les catégories démographiques, en particulier de ceux qui sont fortement exposés au risque d’automatisation et de transformation des emplois liée à l’IA.

Curieux de savoir ce que nous faisons en matière d’immigration? Visitez la nouvelle page Web du Conseil de l’immigration.

Fiscalité et investissement


La fiscalité et l’investissement ne sont peut-être pas les sujets les plus amusants à aborder, mais leur application efficace est extrêmement importante pour créer un environnement économique concurrentiel qui attire et retient les entreprises nationales et internationales.

Fiscalité sensée

Si le gouvernement réduisait les charges fiscales et les dépenses des entreprises, les sociétés canadiennes seraient en mesure de mieux concurrencer celles des endroits où les coûts sont moins élevés et qui le font déjà. Les crédits d’impôt pour la recherche et le développement ainsi que pour la propriété intellectuelle sont également d’excellents moyens d’encourager les investissements des entreprises. Par exemple, l’une de nos recommandations est de créer un « régime de boîte à brevets » assorti d’un taux d’imposition préférentiel sur les revenus tirés de la propriété intellectuelle développée et commercialisée au Canada. Cette mesure encouragerait les fabricants canadiens à investir dans leur propriété intellectuelle et à la conserver, plutôt que de la vendre à des entreprises d’autres pays qui gagneraient ensuite de l’argent en la commercialisant.

Nous avons parlé des avantages d’un « régime de boîte à brevets » dans un article d’opinion paru dans The Globe and Mail.

Plus d’investissements

L’environnement réglementaire d’un pays peut attirer ou repousser les investissements des entreprises. Pour que celui du Canada attire les investissements, nous avons demandé au gouvernement d’exiger que les organismes de réglementation fédéraux tiennent compte de la compétitivité économique dans leurs règlements. L’harmonisation des règles fédérales et provinciales, l’élimination de la bureaucratie et la priorité accordée aux résultats plutôt qu’aux processus amélioreront le climat d’investissement au Canada, réduiront les frictions pour les entreprises et favoriseront la productivité.

Pour obtenir la liste complète des recommandations que nous avons adressées au gouvernement du Canada, lisez notre réponse à la consultation prébudgétaire 2026 du gouvernement.