Publications
Réponse de la Chambre de commerce du Canada à la consultation prébudgétaires 2026
La Chambre de commerce du Canada se réjouit de l’occasion qu’elle a de pouvoir participer aux consultations du Comité permanent des finances de la Chambre des communes en vue du budget fédéral de 2026.
La Chambre de commerce du Canada se réjouit de l’occasion qu’elle a de pouvoir participer aux consultations du Comité permanent des finances de la Chambre des communes en vue du budget fédéral de 2026.
Nos recommandations rendent compte du point de vue du réseau d’affaires le plus important et le plus actif du Canada, qui regroupe 400 chambres de commerce et conseils commerciaux, 100 associations sectorielles et 200 000 entreprises de toutes tailles, de tous les secteurs de l’économie et de toutes les régions du pays.
Plus tôt cette année, la Chambre de commerce du Canada a réagi au choc économique générationnel induit par les droits de douane imposés par l’administration américaine en présentant son plan Tous ensemble pour le Canada, qui préconise une baisse des impôts sur les sociétés, une diminution de la réglementation et de la bureaucratie, une réduction des obstacles au commerce intérieur, ainsi qu’un accroissement des investissements dans les infrastructures commerciales et les ressources du Canada.
Nous avons donc été ravis de voir le gouvernement réagir rapidement en collaborant avec les provinces et les territoires afin de réduire les obstacles au commerce intérieur, en annonçant un exercice de réduction de la bureaucratie à l’échelle du gouvernement et en s’engageant à édifier des infrastructures nationales essentielles.
Toutefois, ces premiers progrès ne suffiront pas.
Cette guerre commerciale a coûté des emplois dans des collectivités de l’ensemble du pays, alors que les employeurs doivent faire le choix déchirant de réduire les heures de travail ou de fermer leurs portes. Une intervention prudente du gouvernement s’impose pour soutenir les entreprises canadiennes et leur offrir une protection durant la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
Les mois à venir seront difficiles; nous devons continuer à mettre l’accent sur la compétitivité du Canada et la croissance de l’économie.
Recommandations

Fiscalité et investissement
Réduire la fiscalité des entreprises de manière générale.
Malgré des progrès notables en matière de réduction de la bureaucratie, les entreprises canadiennes ont dû faire face à une augmentation des coûts, notamment à la hausse des cotisations patronales au Régime de pensions du Canada (RPC). Le gouvernement doit agir rapidement pour réduire les charges et les dépenses des entreprises, de sorte que les entreprises nationales restent compétitives par rapport aux administrations dont les coûts sont moins élevés.
Reconnaître la sécurité sanitaire comme un pilier de la sécurité nationale et de la résilience économique.
Pour ce faire, il faut accélérer la mise en œuvre de Préparation aux crises sanitaires Canada (PCSC), diversifier les aides financières et les programmes, en plus de rationaliser la réglementation afin de soutenir la commercialisation et la mise à l’échelle. En outre, le gouvernement doit rechercher des possibilités d’intégrer les entreprises canadiennes dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, en ciblant les domaines les plus pertinents pour la santé et la sécurité économique nationales.
Renouveler le mandat du Laboratoire de données sur les entreprises (LDE).
Alors que son financement devrait prendre fin en mars 2027, le renouvellement du mandat du LDE est essentiel pour maintenir la seule plateforme nationale du Canada vouée à la démocratisation des données sur les entreprises, en fournissant des informations économiques en temps réel, accessibles et bilingues, qui permettent de prendre des décisions fondées sur des données probantes en cette période d’incertitude économique persistante. Le renouvellement du financement permettra de préserver cette initiative essentielle d’intérêt public, de renforcer la capacité du Canada à surveiller les chocs et à y réagir, et d’approfondir les partenariats qui garantissent la disponibilité en temps opportun d’informations fiables.
Réformer le programme des activités de recherche scientifique et de développement expérimental (RS&DE).
Les concurrents du Canada, et notamment les États-Unis avec leur régime de revenus intangibles provenant de l’étranger, offrent de généreuses mesures incitatives. Les améliorations devraient inclure l’augmentation du taux de crédit d’impôt à 20 %, l’amélioration de l’accessibilité de la partie remboursable, la suppression de l’exigence relative aux sociétés privées sous contrôle canadien (SPCC) et la garantie d’un accès égal pour les PME privées et publiques.
Créer une niche fiscale canadienne assortie d’un taux d’imposition préférentiel sur les revenus tirés de la propriété intellectuelle (PI) développée et commercialisée au Canada.
Cet engagement du budget de 2025 doit être maintenu afin d’empêcher la fuite de la PI, de soutenir les secteurs de pointe et de garantir que le Canada puisse rivaliser avec des pays comme le Royaume-Uni, la France et les Pays-Bas, qui offrent déjà des régimes similaires. Cela contribuera à retenir la PI, à développer les innovations canadiennes et à soutenir la croissance intérieure.
Rendre permanent l’Incitatif à l’investissement accéléré.
L’Incitatif à l’investissement accéléré autorise une dépréciation plus rapide des machines, de l’équipement et de la technologie, ce qui améliore le rendement après impôt et incite les entreprises à se moderniser. Alors que les États-Unis étendent la déduction intégrale des dépenses liées à la fabrication et à la R-D au pays en vertu d’une nouvelle loi, le Canada doit emboîter le pas en adoptant des mesures permanentes afin de garantir les investissements, de combler les écarts de productivité et de stimuler la capacité de fabrication de pointe.
Introduire une déduction pour la production intérieure afin de réduire le taux d’imposition des sociétés sur les biens fabriqués au Canada.
Cette mesure récompenserait les entreprises qui créent une valeur tangible à l’intérieur des frontières du Canada, contribuant ainsi à ancrer l’industrie manufacturière, à stimuler les exportations et à garantir la capacité industrielle. En améliorant les rendements après impôt pour la production intérieure, cette déduction rendra le Canada plus attrayant pour l’expansion et contribuera à compenser l’attrait concurrentiel des incitations fiscales américaines, comme les investissements directs étrangers et la déduction intégrale des dépenses.
Exiger que les organismes de réglementation fédéraux tiennent compte de la compétitivité économique dans leurs règlements. regulators apply an economic competitiveness lens to regulations.
Une réglementation éclairée devrait stimuler l’innovation et la croissance tout en préservant la santé et la sécurité. L’harmonisation des règles fédérales et provinciales, l’élimination de la bureaucratie et la priorité accordée aux résultats plutôt qu’aux processus amélioreront le climat d’investissement au Canada, réduiront les frictions pour les entreprises et favoriseront la productivité.
Élaborer une stratégie industrielle de défense.
L’industrie nationale de la défense a besoin d’une vision réaliste des ambitions et des besoins du Canada. L’établissement d’une feuille de route pour la défense au Canada permettra à l’industrie de proposer des solutions sur mesure qui garantissent une efficacité opérationnelle maximale. Une stratégie devrait :
- Créer une approche « Équipe Canada » pour les marchés publics dans le domaine de la défense. Le gouvernement devrait soutenir l’industrie de la défense au Canada et travailler en collaboration afin de mettre de l’avant nos atouts dans les marchés publics internationaux du domaine de la défense en vue d’attirer les investissements et de créer des emplois.
- S’engager à délivrer de manière fiable des permis de développement des exportations. Les fournisseurs nationaux du secteur de la défense ont besoin de garanties avant d’accepter de nouveaux contrats, et les retards dans la délivrance des permis d’exportation amènent les multinationales à se tourner vers d’autres pays, au détriment des travailleurs et de l’industrie canadiens.

Ressources naturelles
Rationaliser la Loi sur l’évaluation d’impact (LEI).
Avec le projet de loi C-5, le gouvernement a posé un geste important pour soutenir le développement de grands projets et stimuler la croissance économique au Canada. Cependant, un cadre prévisible pour tous les grands projets d’infrastructure – au-delà de ceux désignés comme étant « d’intérêt national » – s’impose toujours. Sans une réforme plus en profondeur, nous risquons de créer un système à deux vitesses où certains projets sont accélérés, tandis que d’autres subissent des retards inutiles. Le gouvernement doit modifier la LIE afin de clarifier sa portée, les délais et les pouvoirs décisionnels.
Retirer le Règlement sur les plafonds d’émissions de gaz à effet de serre du secteur pétrolier et gazier.
Cela favoriserait une approche plus souple et axée sur la croissance en matière de développement énergétique, à un moment où le Canada a besoin de solutions qui attirent les investissements et stimulent la croissance économique, plutôt que de formalités administratives qui nuisent à notre compétitivité.
Mettre en place un plan coordonné pour les minéraux critiques et la défense.
Conformément aux engagements pris lors du G7 et à l’annonce du Plan d’action sur les minéraux critiques, le gouvernement doit travailler avec l’industrie pour attirer les investissements, établir des marchés fondés sur des normes et constituer des stocks stratégiques. De plus, il est urgent de faire cadrer les engagements accrus du Canada en matière de dépenses de défense dans le cadre de l’OTAN avec une stratégie globale pour la production, la transformation, le raffinage et le recyclage des minéraux critiques au pays. Une planification coordonnée dans ces domaines est essentielle pour garantir la sécurité nationale, la résilience économique et la durabilité à long terme.
Annuler les dispositions dangereuses et litigieuses en matière d’« écoblanchiment ».
S’il est important de lutter contre les allégations environnementales trompeuses, les nouvelles dispositions ont créé un environnement réglementaire plus complexe et incertain. Elles ont entravé la libre communication, risqué d’étouffer l’innovation et découragé la participation de l’industrie à l’action climatique. Plutôt que de soutenir les objectifs de zéro émission nette du Canada, la modification a commencé à museler les efforts de bonne foi des entreprises pour tendre vers les objectifs environnementaux. Malgré les nouvelles directives du Bureau de la concurrence, l’incertitude juridique demeure. L’« écosilence » persistera, les actions privées se multiplieront et les progrès du Canada dans le domaine des technologies propres seront entravés.
Supprimer le Registre fédéral sur les plastiques.
Cette nouvelle obligation de déclaration ajoute des formalités administratives coûteuses et inutiles pour les entreprises qui doivent déjà faire face à d’importants défis en matière d’emballage et de chaîne d’approvisionnement, tout en offrant des avantages environnementaux limités. Le Canada devrait immédiatement mettre fin aux activités du Registre fédéral sur les plastiques et procéder à un examen complet de cette politique et de son impact, car les entreprises, les hôpitaux et d’autres institutions publiques et privées n’ont tout simplement pas les moyens de la financer. Si rien n’est fait, cela illustrera une fois de plus à quel point il est difficile de faire des affaires au Canada.
Veiller à ce que le secteur agroalimentaire soit inclus dans les engagements clés.
Le secteur agroalimentaire canadien est un moteur économique essentiel, mais l’adoption d’outils technologiques de pointe qui stimulent la productivité accuse du retard. De surcroît, les entreprises agricoles sont souvent entravées par le manque d’infrastructures commerciales nécessaires pour acheminer leurs produits vers les marchés mondiaux. L’inclusion des entreprises agricoles canadiennes dans ces décisions d’investissement stimulera la production alimentaire, favorisera la pénétration de nouveaux marchés et rendra le Canada plus compétitif à l’échelle mondiale.

Talents et immigration
Faire du développement des talents technologiques une priorité nationale.
La demande de talents et de compétences continue d’évoluer dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la robotique, de la technologie quantique et de la cybersécurité. Afin d’accroître la compétitivité et l’adoption des technologies par les entreprises, ainsi que d’accélérer la productivité et la croissance économique, le Canada devrait mettre l’accent sur une approche globale pour développer les talents technologiques, notamment des programmes et des politiques ciblés visant à identifier, attirer, former et retenir des personnes hautement qualifiées. Cette approche devrait tenir compte de la diversification et de l’élargissement du bassin de main-d’œuvre technologique, ainsi que de l’évaluation des besoins et de l’harmonisation des programmes d’immigration de main-d’œuvre qualifiée afin d’aider les entreprises canadiennes à recruter les meilleurs talents à l’échelle mondiale grâce à des programmes incitatifs, comme l’immigration accélérée.
Simplifier et rationaliser les programmes d’immigration actuels.
Les défis démographiques du Canada sont bien connus, et notre niveau de population actuel ne nous permettra pas d’atteindre la croissance économique dont notre pays a besoin. Le gouvernement doit tirer parti de l’immigration, en faisant cadrer les programmes avec les pénuries de compétences et les besoins en main-d’œuvre qui seront essentiels à l’économie à l’avenir, tout en plaçant les besoins économiques des provinces et des territoires au premier plan de la sélection et de la rétention des immigrants afin de garantir que celle-ci soit adaptée à la situation régionale et réponde aux besoins spécifiques en matière de population et de main-d’œuvre.
Élaborer une stratégie nationale en matière de main-d’œuvre.
Les employeurs ont du mal à trouver les travailleurs et les compétences nécessaires à la croissance de leurs activités. En collaboration avec le Forum des ministres du marché du travail, une stratégie nationale en matière de main-d’œuvre devrait investir dans le perfectionnement et la reconversion des travailleurs, en mettant l’accent sur ceux qui sont vulnérables à l’automatisation et à l’IA, afin de combler les lacunes en matière de compétences dans les secteurs clés. Une approche axée sur les résultats aidera les travailleurs déplacés à acquérir les compétences recherchées et à opérer une transition vers de nouveaux rôles.

Commerce et commerce international
Développer des mesures de soutien pour les industries touchées par les perturbations commerciales américaines.
Certaines industries et certains secteurs de notre pays sont particulièrement vulnérables aux changements imprévisibles de la politique commerciale américaine, et les risques sont particulièrement élevés dans le contexte de la prochaine révision de l’ACEUM, en 2026. À cet égard, le gouvernement devrait mobiliser de manière proactive les secteurs vulnérables aux perturbations liées aux droits de douane et élaborer des programmes de soutien adaptés qui peuvent être mis en œuvre rapidement et efficacement en cas de besoin, tout en renforçant la capacité de traitement et d’accélération des demandes urgentes liées aux droits de douane.
S’engager à investir à long terme dans le commerce grâce à un plan d’infrastructure commerciale du Canada.
Lorsque les entreprises canadiennes ne peuvent pas importer ou exporter de biens, nous nuisons à notre propre croissance économique. Le Canada doit aménager et entretenir de manière avisée ses ports, ses aéroports, ses chemins de fer, ses routes, ses pipelines et son réseau énergétique, afin que les entreprises puissent acheminer comme il se doit leurs marchandises vers les marchés et en recevoir de l’étranger. Les corridors commerciaux nationaux et internationaux devraient renforcer les chaînes d’approvisionnement afin de faire du Canada un partenaire commercial fiable.
Protéger les chaînes d’approvisionnement en donnant aux parties et au gouvernement les outils nécessaires pour résoudre les conflits de travail.
Le commerce repose sur la confiance; si les entreprises canadiennes ne peuvent pas acheminer leurs marchandises vers les marchés, nous risquons de perdre ces marchés tout en mettant en péril nos efforts de diversification de nos relations commerciales. Le gouvernement devrait modifier le Code canadien du travail afin de fournir de nouveaux outils de règlement des différends pour toutes les infrastructures commerciales sous réglementation fédérale, par exemple en créant un nouveau processus de médiation spécial, comme le recommande le rapport de la Commission d’enquête sur les relations de travail avec les débardeurs, et en habilitant le Cabinet fédéral à imposer rapidement un arbitrage exécutoire en cas d’échec des négociations collectives.
Soutenir les entreprises qui ont du mal à passer au système de Gestion des cotisations et des recettes de l’ASFC (GCRA).
La mesure transitoire du programme de la GCRA, qui permet aux importateurs d’utiliser la garantie financière de leur courtier en douane pour obtenir la mainlevée avant paiement (MAP), a expiré le 20 mai 2025. Les importateurs doivent désormais fournir une garantie financière (p. ex., un cautionnement ou un dépôt en espèces) pour bénéficier des privilèges du Programme de la mainlevée avant paiement. Cela a entraîné des retards, des problèmes de capacité dans les entrepôts et des charges financières pour les entreprises canadiennes, notamment les PME. Le gouvernement devrait accorder une exemption aux nouveaux importateurs et aux entreprises qui importent des envois de faible valeur ou de faible volume dans le cadre du Programme de la mainlevée avant paiement.
Donner au secteur privé les moyens de promouvoir la diversification et la promotion du commerce.
Si les initiatives gouvernementales telles que les missions commerciales d’Équipe Canada jouent un rôle essentiel dans la mobilisation de nombreux acteurs, les associations professionnelles canadiennes organisent également, de manière indépendante, des missions sectorielles axées sur les entreprises. Le gouvernement devrait soutenir le financement et le développement des missions menées par le secteur privé, en particulier celles qui ont une portée pancanadienne et qui touchent les chambres de commerce locales et les PME. Comme 98 % des entreprises canadiennes sont des PME, les efforts de diversification commerciale ne pourront aboutir que si les entreprises de toutes tailles et de toutes les régions ont un accès significatif à d’autres marchés étrangers, notamment dans la région indo-pacifique.
Autres publications
Notre contribution dans le cadre de l’étude HUMA sur la définition du « travail » et sur l’utilisation de l’article 107
