Blog
Ce que nous avons entendu : Libérer le potentiel économique de l’Arctique canadien
Alors que le monde entier tourne son regard vers le nord, la question n’est plus de savoir si l’Arctique façonnera l’avenir économique du Canada, mais comment.
L’Arctique canadien est bien plus qu’une région éloignée, il est un pilier essentiel de notre identité nationale, de notre souveraineté et de notre prospérité future. Alors que le monde entier tourne son regard vers le nord, la question n’est plus de savoir si l’Arctique façonnera l’avenir économique du Canada, mais comment.
Les 2 et 3 décembre, des dirigeants de haut niveau issus du monde des affaires, du gouvernement et des communautés autochtones se sont réunis à Ottawa à l’occasion du Sommet de l’Arctique, présenté par la Chambre de commerce du Canada et Arctic360, en collaboration avec Agnico Eagle et Fasken.
Le sommet a été l’occasion d’explorer comment passer d’une approche fragmentaire à une stratégie audacieuse, inclusive et coordonnée qui relie le Nord au reste du Canada et libère tout son potentiel économique. Grâce à un dialogue franc et à une collaboration intersectorielle, l’événement a mis en évidence le rôle essentiel des infrastructures physiques et sociales – ainsi que des partenariats solides entre les secteurs public, privé et autochtone – dans la création de communautés nordiques résilientes et prospères qui alimentent l’avenir économique du Canada.
Définition des enjeux : Comprendre la stratégie canadienne pour l’Arctique

Le sommet s’est ouvert par un discours liminaire de Nathan Obed, président de l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), qui a souligné que la plus grande force du Canada dans l’Arctique réside dans les Inuits eux-mêmes. Grâce aux traités inuits, à la gestion des terres et à une présence de longue date dans une grande partie du Nord, le Canada dispose d’une base pour exercer un leadership dans l’Arctique que peu d’autres nations peuvent revendiquer. Il a souligné que, dans un contexte où l’Arctique suscite un intérêt croissant à l’échelle mondiale en tant que région stratégique sur les plans militaire et économique, le Canada a aujourd’hui une occasion unique d’intégrer davantage l’Inuit Nunangat, la patrie des Inuits, dans le tissu national et de se rapprocher de l’idéal auquel il aspire.
Ces thèmes ont été repris lors d’une discussion informelle qui a suivi avec l’honorable David Akeeagok, leader du gouvernement et ministre de l’Éducation et du Collège de l’Arctique du Nunavut à la 7e Assemblée législative du Nunavut, animée par Sima Sahar Zerehi, PDG d’Arctic Opportunities Group. La conversation a permis d’établir une compréhension commune des occasions et des défis qui façonnent le paysage économique de l’Arctique canadien, tout en soulignant les priorités du nouveau premier ministre et du gouvernement du Nunavut, ce qui est particulièrement pertinent compte tenu du nombre important de députés nouvellement élus à l’Assemblée législative.


Appel à l’action : pourquoi notre économie canadienne a besoin de l’Arctique pour réussir

Notre présidente et chef de la direction, Candace Laing, et le ministre des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne, ont donné le coup d’envoi de la deuxième journée avec une conversation animée tôt le matin, surnommée en plaisantant « Champagne au petit-déjeuner ».
Au cours de leur conversation, ils ont abordé le budget fédéral, que le ministre Champane a qualifié de « budget pour le Nord », le renforcement de la collaboration avec nos voisins nordiques et la position géopolitique et économique optimale du Canada au sein du G7. Le ministre a souligné la nécessité pour le Canada de se rappeler ses nombreux avantages – accès à trois océans, minéraux essentiels, énergie abondante, base industrielle, accès préférentiel au marché du G7 – et de saisir l’occasion qui s’offre à nous de les utiliser au profit de notre souveraineté et de notre sécurité.
Le ministre Champagne a également préconisé que le gouvernement et les entreprises élaborent un « argumentaire » que nous pourrions utiliser pour vendre au reste du Canada l’idée d’investir dans des objectifs ambitieux de croissance et de développement économique. Il est facile de trouver une raison d’investir, mais le plus difficile est de déterminer quoi et comment investir . La présentation doit inclure ce que nous voulons accomplir et comment nous allons y parvenir.
Plus forts ensemble : la collaboration entre les secteurs public et privé au service de la sécurité et de la prospérité du Nord
Ce panel, animé par Hannah Thibedeau, journaliste primée et responsable de la communication chez Global Public Affairs, s’est concentré sur la manière dont un leadership politique et industriel coordonné, associé à des infrastructures à double et multiple usage, peut faire progresser les objectifs économiques et de défense du Canada dans le Nord.


Conférenciers : le général Wayne Eyre (à la retraite), ancien chef d’état-major de la Défense; Harry Flaherty, président et chef de la direction, Qikiqtaaluk Corporation; Christiane Fox, greffière adjointe, Bureau du Conseil privé; et John Risley, fondateur, Arctic Economic Development Corp.
Partenariats avec les Inuits
Tout au long de la conversation, les intervenants ont souligné la nécessité pour tous les projets dans le Nord d’être dirigés, menés et détenus par les Inuits. La consultation communautaire est essentielle à la réalisation des projets : si vous expliquez l’objectif aux communautés, elles vous écouteront. S’ils sont d’accord avec vous, ils vous donneront leur bénédiction. Risley a ajouté qu’une fois que l’on comprend qu’il faut aller de l’avant dans le cadre d’un partenariat, on peut accomplir beaucoup de choses.
Champions du secteur privé
Les intervenants ont également discuté du fait que le secteur privé doit se faire son propre champion et rallier à sa cause toutes les différentes factions du gouvernement, car il n’existe actuellement aucun agent gouvernemental unique capable ou disposé à le faire.
Une partie des défis actuels auxquels sont confrontés les grands projets tient au fait que les ministères ont conçu des politiques, des réglementations et des programmes en fonction d’un certain type d’orientation et tentent désormais de modifier fondamentalement cette orientation. Fox a reconnu que les différents services fédéraux n’ont pas toujours communiqué entre eux, mais a réaffirmé la nécessité de mettre fin au cloisonnement et de réunir les bonnes personnes avec des délais clairs, et ce, de toute urgence.
Affirmer la souveraineté dans l’Arctique grâce au renforcement des communautés
Le deuxième panel de la journée, animé par notre chef des politiques publiques, Matthew Holmes, s’est penché sur les partenariats et sur la manière dont le Canada peut s’assurer que le développement de l’Arctique se fasse en partenariat avec les Inuits afin de garantir des retombées positives pour les communautés.


Conférenciers : P.J. Akeeagok, fondateur et président d’Arctic Strategies Inc. et ancien premier ministre du Nunavut; Sean Boyd, président d’Agnico Eagle Mines; Kilikvak Kabloona, PDG de NTI; Jimi Onalik, président de l’Agence canadienne de développement économique du Nord.
L’importance des communautés en bonne santé
La sécurité des Inuits est au premier plan de la sécurité dans l’Arctique. Dans ce panel, nos intervenants ont souligné la nécessité d’avoir des communautés inuites en bonne santé, en mettant en avant les défis et les crises, tels que l’insécurité alimentaire et l’éducation insuffisante. Sans s’attaquer d’abord aux problèmes fondamentaux de la communauté, les grands projets n’apporteront pas les avantages sociaux ou économiques ni la stabilité que souhaitent les Inuits.
Préparer la prochaine génération à réussir
Les intervenants ont également discuté de la nécessité de se tourner vers la ressource la plus précieuse du Nord : sa population, et en particulier les jeunes. Le Nunavut a connu un boom démographique et une génération de jeunes qui va bientôt entrer sur le marché du travail. Il est nécessaire d’investir massivement dans l’enseignement primaire, l’enseignement secondaire et la préparation des habitants du Nunavut aux possibilités futures. Nous rendrions un mauvais service aux jeunes si nous ne mettions pas en place ce système dès maintenant, afin de leur permettre de profiter des emplois les mieux rémunérés et des postes de direction.
Encourager l’avancement des projets
Les intervenants ont reconnu que nous sommes actuellement dans une phase de construction nationale. Sean Boyd a reconnu que beaucoup de choses ont changé au sein du gouvernement au cours des derniers mois, notamment une meilleure coordination (par exemple, réunir 20 personnes autour d’une table plutôt que d’organiser 20 réunions individuelles), et que les projets qui bénéficient d’un soutien clair de la part des communautés inuites sont ceux qui obtiennent plus rapidement les autorisations nécessaires.
Nos alliés de l’Arctique
Pour conclure la journée et le sommet, Jessica Shadian, PDG d’Arctic360, et Per Unheim, chef des affaires publiques et du commerce à l’ambassade d’Islande à Ottawa, ont examiné les meilleures pratiques et les possibilités de collaboration commune sur les questions économiques, commerciales et de défense dans l’Arctique lors d’une discussion informelle.
L’Islande occupe une position stratégique importante pour l’OTAN, servant de plaque tournante logistique pour de nombreux alliés. Bien que ce pays ne dispose pas d’armée nationale, il sert de base de ravitaillement et d’escale pour les sous-marins et les avions de chasse alliés.

Unheim a également évoqué l’industrie touristique islandaise et expliqué que le développement de ce type d’industrie dans le Nord prend du temps, souvent en raison du manque d’infrastructures de base. L’industrie touristique islandaise a connu des débuts difficiles, mais elle est aujourd’hui un secteur majeur, et le pays ne cesse d’apporter des améliorations pour garantir sa durabilité et sa sécurité. Le Canada, et en particulier les régions inuites, peuvent tirer des enseignements de la croissance touristique de l’Islande. Il faut d’abord se concentrer sur la mise en place d’infrastructures solides et résilientes, et les visiteurs suivront. Il est tout aussi important de veiller à ce que le développement touristique respecte l’environnement, honore la culture locale et apporte des avantages réels et durables aux communautés inuites et nordiques.
Perspectives d’avenir
Si l’on devait résumer en quelques phrases les nombreuses conclusions du sommet, ce serait que le Nord n’est pas un projet secondaire. Pendant des décennies, le Canada a pensé est-ouest, mais maintenant, nous devons penser nord. Les Inuits ont toujours été conscients des occasions offertes par la région, et aujourd’hui, avec les changements géopolitiques rapides, le reste du Canada commence également à s’en rendre compte. Mais la seule voie à suivre est celle d’un véritable partenariat qui commence dès le début. C’est l’occasion pour les Inuits de montrer au reste du pays comment les Autochtones, le gouvernement et les entreprises peuvent collaborer pour mener à bien des projets.
Co-présenté avec

Hébergé en collaboration avec

Other Blogs
Résumé de la Journée de la Colline 2025 de la Chambre de commerce du Canada
Ce que nous avons entendu : l’événement parallèle ministériel du B7 sur l’industrie, le numérique et la technologie
