Blog

Notre comparution devant le Comité permanent de la science et de la recherche

Le Canada doit renforcer son écosystème de R&D pour demeurer compétitif.

26 novembre 2025

Le mercredi 19 novembre 2025, Liam MacDonald, directeur de la politique et des relations gouvernementales à la Chambre de commerce du Canada, a comparu devant le Comité permanent de la science et de la recherche.

Représentant plus de 400 chambres de commerce et conseils d’affaires, ainsi que plus de 200 000 entreprises, il a transmis un message clair : le Canada doit renforcer son écosystème de R&D pour demeurer compétitif.

MacDonald a souligné le retard du Canada en matière d’investissement en R&D, la rapidité d’action des États-Unis en matière de politiques, et le lien croissant entre innovation, résilience économique et souveraineté nationale. Il a insisté sur la nécessité d’améliorer la compétitivité fiscale, de moderniser les incitatifs en R&D et en propriété intellectuelle, et d’adapter la main-d’œuvre aux besoins de l’innovation émergente. Ses propos ont mis en lumière l’urgence d’une action audacieuse et coordonnée pour stimuler l’innovation du secteur privé et assurer la croissance économique à long terme du Canada.

Vous pouvez consulter ci-dessous l’intégralité de la comparution.


Je vous remercie de m’offrir l’occasion de comparaître devant vous aujourd’hui au nom de plus de 400 chambres de commerce, ainsi que de plus de 200 000 entreprises de toutes tailles, de tous les secteurs et de toutes les régions du Canada.

La recherche et le développement sont essentiels aux économies modernes. Des écosystèmes solides de recherche et développement stimulent l’innovation, permettent l’émergence de nouvelles technologies, améliorent celles qui existent déjà, accroissent la productivité et renforcent la compétitivité dans l’ensemble des chaînes de valeur. Les avantages dépassent largement le cadre des entreprises individuelles : la recherche et le développement génèrent des retombées de connaissances, alimentent la croissance à long terme et soutiennent la création d’emplois de grande qualité.

Pourtant, l’économie canadienne se trouve à un moment charnière. Les concurrents mondiaux — en particulier les États-Unis — élargissent rapidement leurs mesures incitatives pour stimuler l’investissement des entreprises. Parallèlement, l’incertitude géopolitique, les pressions sur les chaînes d’approvisionnement et l’évolution des marchés mondiaux redéfinissent l’environnement dans lequel évoluent les entreprises canadiennes. Le leadership en matière d’innovation est de plus en plus lié non seulement à la performance économique, mais aussi à la résilience et à la souveraineté nationales.

Le Canada reste toutefois à la traîne de ses pairs internationaux en matière de dépense en recherche et développement. En 2023, le Canada a consacré 1,8 % de son PIB à la R-D, se classant avant-dernier au sein du G7 et sous la moyenne d’environ les deux tiers des pays de l’OCDE, qui ont dépensé en moyenne 2,7 % de leur PIB en R-D. Ce sous-investissement persistant limite la productivité, l’innovation et la croissance à long terme — des défis déjà reflétés dans les projections de l’OCDE, qui prévoient une croissance du PIB canadien d’environ 1 % au cours des prochaines années.

Ce défi en matière de compétitivité est accentué par les récents développements politiques aux États-Unis. Les États-Unis ont agi à plusieurs reprises avec rapidité et ampleur — d’abord avec le « Inflation Reduction Act », puis plus récemment avec le « One Big Beautiful Bill », qui a prolongé l’amortissement intégral pour les machines, l’équipement et la Recherche et le développement.

La réponse lente du Canada aux réformes américaines précédentes a contribué à une stagnation prolongée de l’investissement des entreprises dans les actifs non résidentiels — lequel demeure inférieur à son niveau de 2014. Pour éviter de prendre encore davantage de retard, une action fédérale audacieuse et coordonnée est nécessaire pour renforcer la compétitivité fiscale, stimuler la recherche et le développement du secteur privé, accélérer l’adoption des technologies et positionner le Canada pour assurer sa résilience économique à long terme.

Le budget 2025 introduit plusieurs mesures positives telles que des changements au régime pour la recherche scientifique et le développement (RS&DE), du financement pour l’attraction des talents, une infrastructure publique souveraine de calcul pour l’IA, ainsi qu’un renforcement du capital de risque et du capital de croissance. Ce sont des initiatives bienvenues. Toutefois, l’écart de compétitivité auquel font face les entreprises canadiennes reste important, notamment par rapport aux récents incitatifs américains visant à accélérer l’investissement et l’adoption de technologies. Pour combler cet écart, la Chambre de commerce du Canada recommande d’agir dans trois domaines prioritaires :

Premièrement : Renforcer la compétitivité fiscale du Canada avec un crédit d’impôt à la productivité et à l’investissement, calqué sur le crédit bonifié de 15 % de l’Ontario et sur le Crédit d’impôt à l’investissement atlantique, pour soutenir les nouveaux bâtiments, machines, équipements et logiciel. Nous recommandons aussi une prolongation permanente de l’Incitatif à l’investissement accéléré, permettant l’amortissement complet et immédiat des machines et équipements. La permanence offrirait aux entreprises une certitude à long terme pour ancrer la production, l’innovation et la recherche et le développement au Canada.

Deuxièmement : Moderniser les incitatifs du Canada en matière de Recherche et développement, de commercialisation et de propriété intellectuelle en accélérant des réformes du régime recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE) attendues depuis longtemps, ainsi que de mettre en place un processus de préapprobation, élargir l’admissibilité aux activités de commercialisation et d’innovation numérique, et indexer les plafonds de dépenses sur l’inflation. Le Canada devrait également instaurer un régime national de « patent box » offrant un taux d’imposition préférentiel sur les revenus issus de la PI développée et commercialisée sur le territoire national — un outil éprouvé dans des juridictions telles que le Royaume-Uni, la Belgique et la France.

Troisièmement : Développer la main-d’oeuvre dont le Canada a besoin pour soutenir la croissance de la Recherche et développement et l’adoption des technologies en réalisant une évaluation nationale des besoins afin d’aligner la formation sur la demande du marché du travail, et en assurant une reconnaissance rapide et prévisible des diplômes étrangers pour les professions en demande.

Nous remercions le comité d’avoir entrepris cette étude opportune et importante. Le renforcement de la Recherche et développement dans le secteur privé est essentiel à la compétitivité, à la productivité et à la sécurité économique à long terme du Canada. Je serais heureux de répondre à vos questions, et nous avons hâte de poursuivre cette discussion.

Partager