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Enjeux politiques : Comment faire croître le secteur canadien de l’agriculture et de l’agroalimentaire

Le secteur est un élément essentiel de la sécurité économique et alimentaire du Canada. Il est dans notre intérêt économique.

15 juillet 2025

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Le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire canadien, qui englobe les exploitations agricoles, les pépinières et les serres, ainsi que les entreprises de transformation des aliments et des boissons, les détaillants et grossistes en alimentation et les fournisseurs de services de restauration, fournissait 1 emploi sur 9 au Canada, générait environ 7 % du PIB du pays et exportait pour près de 100 milliards de dollars de marchandises en 2023. Ces chiffres prouvent que le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire est une pierre angulaire de l’économie canadienne et qu’il est extrêmement important pour la prospérité du pays. Et il a encore plus à offrir.

Cependant, le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire traverse actuellement une période d’incertitude. Les instabilités géopolitiques ont compromis l’accès des agriculteurs et des producteurs à certains de nos marchés les plus essentiels et menacent la compétitivité de ce secteur. Et cela s’ajoute à d’autres défis de longue date qui empêchent le secteur d’atteindre son plein potentiel, comme les réglementations obsolètes et les limitations de l’infrastructure commerciale.

Développer le secteur


Le Canada est l’un des rares exportateurs nets de produits agricoles et agroalimentaires. C’est pourquoi notre porc, notre canola, nos fruits de mer, nos lentilles et tous nos autres produits ne sont pas seulement essentiels à la sécurité économique et alimentaire du Canada, mais aussi à celle de nos partenaires mondiaux.

La question est donc la suivante : comment les secteurs privé et public peuvent-ils collaborer pour que cette superpuissance économique non seulement surmonte ces bouleversements géopolitiques, mais en ressorte plus forte et plus prospère?

Nos recommandations au gouvernement


Soutenir les agriculteurs, les producteurs et l’industrie canadienne en cas d’instabilités géopolitiques

L’augmentation rapide de la demande mondiale en nourriture offre au Canada une occasion générationnelle de devenir une puissance agricole. Malheureusement, notre secteur de l’agroalimentaire est confronté à une guerre commerciale sur deux fronts : les États-Unis continuent d’appliquer des droits de douane de 25 % (avec l’exemption de l’AEUMC) sur les importations canadiennes et, en mars, la Chine a imposé des droits de douane de 100 % sur les exportations canadiennes d’huile de canola, de farine de canola et de pois, ainsi que des droits de douane de 25 % sur la viande de porc, le poisson et les produits de la mer. Le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire ne peut soutenir cette lutte sans un soutien concerté des pouvoirs publics.

Recommandations :

  • Apporter un soutien financier aux agriculteurs, producteurs et l’industrie canadienne qui sont touchés par la perte d’accès au marché chinois et s’efforcer de résoudre rapidement les différends commerciaux actuels. Ce soutien doit être fourni en dehors des programmes traditionnels de gestion des risques commerciaux.
  • Travailler avec des partenaires à la suppression des barrières commerciales non tarifaires qui ne sont pas fondées sur des données scientifiques et qui sont injustement discriminatoires à l’égard des producteurs et de l’industrie canadienne.

Encourager l’augmentation des investissements dans la transformation et la fabrication nationaux afin d’accroître nos exportations à valeur ajoutée, incluant les opportunités dans l’industrie nationaux des biocarburants.

Aider les agriculteurs et les producteurs canadiens à percer de nouveaux marchés

Le maintien et l’approfondissement de nos relations commerciales avec les marchés émergents sont essentiels à la réussite du secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Le Canada devrait se concentrer sur les régions qui offrent le potentiel le plus inexploité, comme l’Association of Southeast Asian Nations. Les citoyens de ces pays recherchent de plus en plus le type d’aliments de haute qualité et à forte teneur en protéines que produit le Canada.

Recommandations :

  • Donner la priorité à la conclusion d’un accord de libre-échange avec des marchés en croissance essentiels, tout en défendant les intérêts des producteurs et l’industrie du Canada.
  • Mieux tirer parti des accords commerciaux existants en fournissant des ressources supplémentaires pour composer avec les marchés peu connus et atténuer les risques.
  • Fournir un financement supplémentaire pour les programmes de maintien et de diversification des marchés spécifiques à l’industrie, tels qu’Agri-marketing.

S’engager en faveur d’une réglementation prévisible et fondée sur des données scientifiques

Les innovations dans le domaine de la science de la flore et de la protection des cultures peuvent entraîner des gains de productivité considérables tout en réduisant les déchets et l’impact environnemental. Mais trop souvent, les producteurs voient leur accès à ces innovations retardé ou refusé en raison de pressions politiques et d’allégations infondées concernant la sécurité, même lorsque ces produits sont disponibles dans des pays analogues. Notre secteur de l’agroalimentaire est déjà l’un des plus durables au monde, ce qui signifie que nous pouvons nous permettre de réduire les formalités administratives sans accroître les risques pour l’environnement ou la santé humaine. Une réglementation excessive peut dégrader la sécurité alimentaire, un risque qui doit également être pris en compte par les organismes de réglementation.

Recommandations :

  • Veiller à ce que les réglementations tiennent compte de la compétitivité du secteur et de la sécurité alimentaire du Canada.
  • Veiller à ce que tous les départements soient mandatés pour prendre en considération toute recherche ou preuve répondant à des critères transparents et objectifs, quelle que soit la source de financement.
  • Veiller à ce que les mandats de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) et de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) rendent compte d’une prise de décision fondée sur la science et des normes de service opportunes.

Augmenter la capacité des infrastructures de transport existantes

Une grande partie du secteur agricole et agroalimentaire du Canada se trouve dans des régions enclavées où les produits sont transportés par route ou par rail jusqu’aux ports pour être exportés à l’étranger. Les goulets d’étranglement réguliers en matière d’infrastructure de transport, qu’ils soient dus à des interruptions de travail, à des phénomènes météorologiques extrêmes ou à des incidents géopolitiques, ont entravé la croissance des exportations agroalimentaires canadiennes. Pour accroître nos exportations, nous devons augmenter la capacité de notre infrastructure de transport. Le Fonds national des corridors commerciaux du gouvernement fédéral de 5 milliards est un début important, mais il est loin d’être suffisant étant donné que notre investissement annuel de 21 milliards de dollars dans les transports nous place déjà à la traîne par rapport à nos pairs.

Recommandations :

  • S’engager dans une stratégie d’infrastructure de transport à long terme, comme le Plan d’infrastructure commerciale du Canada, et investir dans les ports, le rail, les terminaux intérieurs, les routes, les aéroports et les autoroutes.

Encourager l’adoption des technologies

L’innovation technologique est à l’origine d’importants gains de productivité dans la production agricole et agroalimentaire canadienne, tout en atténuant les incidences sur l’environnement. En collectant et en analysant de grandes quantités de données (parfois à l’aide de l’intelligence artificielle), l’agriculture numérique aide les producteurs à prendre de meilleures décisions pour maximiser les rendements et être plus efficaces dans leur utilisation des intrants et des ressources, comme l’eau et l’énergie.

Recommandations :

  • Continuer à élargir l’accès rural à l’internet à haut débit grâce au Fonds la large bande universelle, afin que tous les agriculteurs canadiens puissent tirer parti des nouvelles technologies pour accroître leur productivité.
  • Veiller à ce que la chaîne de valeur agroalimentaire, incluant les producteurs et les agriculteurs, soient associés aux efforts déployés par le gouvernement pour stimuler l’adoption de l’IA.
  • Faire de l’agriculture numérique une priorité nationale et établir un plan d’action numérique sur 10 ans pour le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire canadien.
  • Mettre en œuvre une stratégie nationale globale en matière de données afin de faciliter l’intégration des outils de l’agriculture numérique dans l’économie numérique au sens large.

Le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire est un élément essentiel de la sécurité économique et alimentaire du Canada. Il est dans notre intérêt économique, dans l’intérêt des Canadiens et dans l’intérêt de nos partenaires commerciaux de l’aider à croître et à prospérer.