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Ce que nous avons entendu : Des experts se prononcent sur l’avenir des données de santé au Canada

L’écosystème canadien des données de santé est à un tournant. Des dossiers papier aux portails numériques, nous transformons la façon dont les informations sur les patients circulent, ce qui permet d’accélérer les soins, de les rendre plus intégrés en plus de faire en sorte qu’ils soient encore plus axés sur le patient.

30 septembre 2025

L’écosystème canadien des données de santé est à un tournant. Des dossiers papier aux portails numériques, nous transformons la façon dont les informations sur les patients circulent, ce qui permet d’accélérer les soins, de les rendre plus intégrés en plus de faire en sorte qu’ils soient encore plus axés sur le patient.

Dans le contexte des difficultés économiques sans précédent auxquelles le Canada est confronté, un système pancanadien de données de santé connecté offre également l’occasion d’améliorer notre résilience économique en réduisant les dépenses de santé, en rendant nos systèmes médicaux plus efficaces et en attirant des investissements dans notre secteur des sciences de la vie.

Le 18 septembre 2025, la Chambre de commerce du Canada a organisé son événement annuel intitulé « Soins connectés, politique coordonnée : Faire progresser l’avenir des données de santé au Canada », qui a réuni des chefs de file de l’industrie et des décideurs politiques de tout le pays afin qu’ils puissent partager leurs expériences, leurs réussites, leurs défis et leurs stratégies en vue de la création d’un système véritablement connecté.

Nous avons eu le privilège d’accueillir des experts de renom :

  • Taleeb Noormohamed, député de Vancouver Granville et secrétaire parlementaire du ministre de l’Intelligence artificielle
  • Robyn Saccon, vice-présidente, Affaires publiques, BD Canada
  • Blair Laufman, vice-président, Solutions de gestion des médicaments, BD Canada
  • Purvi Desai, directrice des systèmes d’information, Mackenzie Health
  • Jo Voisin, sous-ministre adjointe principale, Direction générale des politiques de santé, Santé Canada
  • Abhinav Kalra, vice-président exécutif, Inforoute Santé du Canada
  • Anderson Chuck, président et chef de la direction, Institut canadien d’information sur la santé
  • Luk Arbukle, leader mondial de la pratique de l’IA, IQVIA
  • Carlene Todd, vice-présidente, Accès, Roche Canada
  • Michael Hillmer, sous-ministre adjoint, Stratégie numérique et analytique, Ontario
  • Marc-Nicolas Kobrynsky, sous-ministre adjoint, ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec
  • Quinn Mah, sous-ministre adjoint, Division des systèmes d’information sur la santé et responsable de l’information, Alberta Health

Voici ce que nous pouvons retenir de leurs réflexions et ce que nous pouvons dire des perspectives d’avenir de l’interopérabilité pancanadienne.

Un système pancanadien de données sur la santé comme projet d’édification de la nation

La mise en œuvre d’un système pancanadien de données sur la santé doit être perçue comme un projet d’édification de la nation, compte tenu des avantages économiques et sociaux importants qui en découleront et de la collaboration intergouvernementale nécessaire pour la mener à bien. De plus, les décideurs politiques doivent de plus en plus envisager les données comme constituant une ressource nationale. Du fait de la diversité de sa population, le Canada produit certaines des données de santé les plus précieuses qui peuvent être utilisées pour résoudre des problèmes médicaux urgents. Sans un système de données de santé connecté, nous ne sommes pas en mesure de tirer pleinement parti du potentiel social et économique de nos données de santé.

« Les données de santé sauvent des vies »

Lorsque les patients et les praticiens ne peuvent pas accéder facilement aux dossiers médicaux, la santé des patients est mise en péril. Un accès rapide à des informations médicales fiables peut être une question de vie ou de mort. Les informations médicales électroniques peuvent également servir à identifier les signes avant-coureurs de maladies graves et à les diagnostiquer avant qu’il ne soit trop tard. Les technologies médicales connectées peuvent également réduire les erreurs humaines dans la prestation des soins. Une meilleure exploitation des données de santé et l’intégration des technologies connectées peuvent, littéralement, sauver des vies, et cela devrait toujours sous-tendre et motiver nos efforts visant la modernisation de notre système de données de santé.

Le partenariat public-privé est essentiel

Pour garantir le succès de la mise en œuvre d’un système pancanadien de données de santé, les intervenants publics devront travailler en étroite collaboration avec le secteur privé et tirer parti de son expérience dans la gestion sécurisée de vastes quantités de données, ainsi que dans la transformation de ces informations en connaissances dûment exploitables. Lors de l’événement, la collaboration entre une société travaillant dans le domaine des sciences de la vie et le Service national de santé britannique, alors que l’intelligence artificielle fut déployée avec succès pour identifier les patients à risque d’accident vasculaire cérébral, a été citée comme un exemple fructueux de collaboration public-privé.

Une législation s’impose pour harmoniser les normes et renforcer la confiance

Tout système de santé numérique moderne repose sur une législation solide. Les experts ont expliqué en quoi les récentes mises à jour apportées en Alberta et au Québec démontrent que l’harmonisation des lois sur la protection de la vie privée avec les lois sur les renseignements médicaux réduit la confusion et protège les patients tout en permettant d’offrir de meilleurs soins.

Nous devons cependant œuvrer à l’harmonisation au niveau national. Le gouvernement fédéral a un rôle à jouer dans la mise à jour des lois sur la protection de la vie privée afin d’éviter que l’on ne se retrouve avec un ensemble disparate de lois contradictoires. Les lois fédérales devraient fixer des normes communes, simplifier les exigences en matière de consentement et garantir l’accès à des données anonymisées à des fins de recherche.

Ottawa peut également accélérer la mise en œuvre d’un système pancanadien en réintroduisant une législation visant à empêcher le blocage des données par les fournisseurs de technologies de la santé.

Veiller à ce que les investissements dans les infrastructures numériques des systèmes de santé favorisent l’interopérabilité

L’un des principaux défis consiste à veiller à ce que les systèmes cliniques puissent communiquer entre eux. Le système provincial Connect Care de l’Alberta remplace les dossiers papier, permettant aux médecins de planifier les transferts et de coordonner les soins de manière transparente. Le Québec regroupera les hôpitaux sous une seule et même plateforme numérique, simplifiant ainsi le partage des données, tandis que l’Ontario met l’accent sur la connexion de plusieurs systèmes hospitaliers et de soins primaires grâce à une approche de dossiers médicaux électroniques basée sur des normes.

Les gouvernements devraient veiller à ce que les investissements engagés envers les outils et les infrastructures numériques au sein de nos systèmes médicaux soient conformes à la vision d’un système de données de santé connecté. La non prise en compte de l’interopérabilité constituerait non seulement une occasion manquée, mais cela pourrait aussi créer involontairement de nouveaux obstacles à la mise en place d’un système connecté.

Impliquer les cliniciens et les prestataires

La technologie ne réussit que lorsqu’elle est adoptée par les utilisateurs. Il est essentiel de tenir compte des médecins et des autres prestataires de soins pour garantir que les systèmes répondent aux besoins cliniques. Le soutien, la formation et des propositions de valeur claires sont essentiels à l’adoption. Faire participer les citoyens aux discussions portant sur l’utilisation secondaire des données à des fins de recherche permet également d’instaurer la confiance et de révéler des avantages sociétaux.

Étendre le succès à toutes les provinces

L’innovation n’a d’incidence que si elle se répand. Les provinces peuvent apprendre les unes des autres et étendre les solutions qui ont fait leurs preuves, réduisant ainsi les dédoublements et accélérant les progrès. Des objectifs transparents, des stratégies communes et des incitations claires rendent l’interopérabilité non seulement possible, mais aussi réalisable. Le gouvernement fédéral peut favoriser l’harmonisation en finançant des initiatives d’interopérabilité, en établissant des normes communes codifiées dans la législation et en créant des cadres de responsabilité transparents.

Perspectives d’avenir

Les progrès réalisés dans plusieurs provinces canadiennes montrent que la transformation numérique de la santé est réalisable. Nous devons cependant tirer parti de cette réussite en évoluant vers un système véritablement national. Les systèmes de données intégrés, les portails destinés aux patients et les cadres d’interopérabilité sont plus que de simples mises à niveau techniques : ils incarnent une transition vers des soins connectés et axés sur la personne. En partageant les enseignements tirés, en adoptant des normes et en mettant l’accent sur les résultats pour les patients, le Canada s’oriente vers un écosystème de santé plus efficace, plus innovant et plus résilient.

Le succès est fonction de l’engagement : les outils ne fonctionnent que si les personnes en cause, c’est-à-dire les patients, les prestataires et les décideurs politiques les utilisent activement, guidés par la confiance et la transparence. Si le parcours menant à un écosystème de santé numérique pancanadien se poursuit, grâce à la collaboration, aux investissements et à une gouvernance réfléchie, son objectif est de plus en plus à portée de main.

Nous remercions nos commanditaires BD, IQVIA et Roche Canada qui ont contribué à rendre ces discussions possibles.

Merci à nos commanditaires

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