Réouverture des lieux de travail et accélération de la campagne de vaccination : les attentes du monde des affaires à l’égard du gouvernement

Les entreprises veulent reprendre leurs activités avant la fin de la campagne de vaccination de masse. Cela concerne les entreprises dont les activités se déroulent en contact avec la clientèle et les entreprises qui souhaitent permettre à leur personnel de revenir au bureau.

La réouverture ne sera pas une tâche facile pour toutes les entreprises.

Selon l’Enquête sur la situation des entreprises canadiennes de Statistique Canada :

  • 24 % des entreprises s’attendent à avoir des difficultés à maintenir un flux de trésorerie suffisant ou à gérer leurs dettes;
  • 60 % des entreprises ont signalé une baisse des revenus en 2020;
  • 44 % des entreprises ont signalé une augmentation des dépenses en 2020;
  • 60 % des entreprises ne sont pas restées pleinement opérationnelles pendant la pandémie.

Les gouvernements, à tous les niveaux, doivent soutenir les entreprises pour une relance économique en toute sécurité en fournissant le cadre de santé publique qui permettra aux entreprises de reprendre leurs activités.

Selon notre sondage réalisé par Abacus Data, les entreprises qui sont passées au télétravail ont indiqué que les conditions suivantes sont nécessaires avant un retour partiel ou complet sur le lieu de travail :

  • Limiter le nombre d’employés sur place pour favoriser la distanciation sociale : 85 %
  • La plupart des Canadiens (>70 % ont été vaccinés) : 79 %
  • La plupart des collègues de travail ont reçu un vaccin : 79 %
  • Tout le monde doit porter un masque en tout temps : 77 %
  • Un dépistage ou un test rapide est obligatoire pour les collègues de travail au moins une ou deux fois par semaine : 69 %

Pour plus de détails sur l’enquête, cliquez ici.

Malgré son utilisation limitée à ce jour, le dépistage rapide est un bon outil, mais il est sans surprise moins populaire que d’autres outils plus connus et promus par les gouvernements. Fournir des orientations claires et cohérentes à l’échelle nationale renforcera la confiance des entreprises, des employés et des consommateurs. Ces mesures, si elles sont mises en œuvre, permettraient également des fermetures ciblées plutôt que des mesures générales.

Les gouvernements et les entreprises ont également un rôle à jouer pour accélérer la distribution des vaccins. Il s’agit notamment d’utiliser des modèles de distribution accélérée et de renforcer la confiance des employés et de la population en général.

Questions clés

Les entreprises veulent pouvoir mettre en œuvre des mesures de santé publique pour protéger leurs employés et leurs clients, mais elles peinent à s’y retrouver dans le nombre important de directives et leur constante évolution. Cette tendance devrait se poursuivre avec l’augmentation des taux de vaccination. L’Agence de la santé publique du Canada et les gouvernements provinciaux, territoriaux et régionaux devraient prendre les mesures suivantes :

  • Les gouvernements devraient prévoir et imposer des amendes aux clients qui ne respectent pas les mesures liées à la COVID-19 afin d’aider les entreprises à appliquer en toute confiance les protocoles de sécurité, y compris les mandats relatifs aux masques. Maintenir ces mesures en place jusqu’à ce qu’à l’atteinte de l’immunité collective.
  • Veiller à ce que le grand public appuie fermement le port du masque pour réduire la transmission communautaire (par exemple, dans les écoles primaires et secondaires et dans le cadre d’activités sociales) et ainsi réduire le nombre de cas d’infection en milieu de travail.
  • Fournir des directives fédérales et provinciales sur ce que les nouveaux variants signifient pour les activités commerciales, en particulier les exigences en matière d’isolement. Ces recommandations doivent être claires et uniformes dans les différentes provinces du Canada afin de soutenir les entreprises qui exercent leurs activités dans plusieurs régions. Par exemple, l’Alberta a modifié ses règles en matière d’isolement pour les nouveaux cas de variants pour les porter jusqu’à 24 jours. D’autres provinces et territoires mettent également à jour leurs recommandations concernant les masques de protection.
  • Les niveaux actuels de recherche de contacts doivent être renforcés, car ils n’arrivent pas à suivre l’augmentation des cas de COVID-19. Les employeurs peuvent contribuer à la recherche des contacts sur le lieu de travail, mais cela requiert un processus uniforme et une définition précise des contacts étroits dans l’ensemble des provinces et territoires. De plus, l’employé devrait être obligé de déclarer tout cas positif à la COVID-19 à son employeur (qui doit respecter la confidentialité de l’employé). Des solutions numériques sont étudiées, mais leur efficacité reste inégale.
  • Fournir un modèle et définir les attentes des entreprises en matière de communication de cas positifs aux employés et aux clients. L’élaboration d’un ensemble commun de lignes directrices pour les entreprises permettra aux travailleurs, aux consommateurs et aux voyageurs de faire des choix éclairés grâce à des données uniformisées. Accompagner cette démarche d’une campagne de promotion proactive pour accroître l’adhésion des entreprises en mettant en valeur les avantages de la transparence.
  • Améliorer l’application d’alerte COVID-19 en s’assurant que tous les cas positifs soient chargés dans une seule application de traçage en adoptant les mesures suivantes :
    • Mandater les gouvernements provinciaux et territoriaux pour qu’ils mettent en ligne les résultats positifs des tests PCR sur l’appli d’alerte.
    • Mandater les centres de tests médicaux privés pour qu’ils téléchargent les résultats positifs des tests PCR sur l’application d’alerte COVID.
  • Lorsque des fermetures sont imposées, donner un préavis d’au moins 72 heures, de préférence sept jours, afin que les entreprises aient le temps de réduire la charge financière et l’impact sur leur calendrier.

Comme l’immunité collective par le biais de la vaccination de masse est impossible avant plusieurs mois encore, nous devons compter sur un programme rigoureux de tests et de dépistage rapide pour que les gens puissent à nouveau travailler, voyager et nous réunir en toute confiance. Ces mesures sont essentielles à la reprise économique, même avec les vaccins. Qu’il s’agisse de tests PCR ou de tests antigéniques, il existe toute une série de manières de les déployer. Ces outils sont disponibles, et le gouvernement peut contribuer à les rendre largement accessibles et abordables et encourager les entreprises à adopter le dépistage rapide sur le lieu de travail. 

  • Autoriser les tests des personnes asymptomatiques sur le lieu de travail dans les centres de dépistage du gouvernement afin de soutenir les entreprises qui ne peuvent pas effectuer les tests sur place.
  • Faire en sorte que la formation et les normes soient uniformisées dans tout le pays en ce qui concerne le transfert des tâches. Ceci permettra à des personnes non qualifiées d’assumer de plus grandes responsabilités.
  • Les entreprises qui procèdent à un dépistage rapide devraient être autorisées à rester ouvertes en cas de mesures de confinement généralisé.

Avec les chambres provinciales et territoriales, nous avons demandé aux premiers ministres de réduire les obstacles à l’utilisation du dépistage rapide par les entreprises. Pour lire notre lettre ouverte, cliquez ici.

Le Canada doit atteindre l’immunité collective le plus rapidement possible. Pour y parvenir, le Canada doit à la fois trouver des moyens novateurs de distribuer rapidement les vaccins et susciter le plus haut niveau de confiance chez les Canadiens. 

  • L’Agence de la santé publique du Canada devrait publier des lignes directrices fondées sur des données probantes concernant ce que les Canadiens vaccinés peuvent faire ou non en milieu de travail. Ces directives doivent tenir compte des personnes qui ont reçu une seule dose ou deux doses, étant donné des attentes allant jusqu’à quatre mois avant de recevoir une deuxième dose. Cette mesure devrait être considérée comme un incitatif positif pour accroître l’utilisation des vaccins.
  • Les vaccins sont un outil essentiel pour réduire la transmission du virus en milieu de travail. Cependant, les stocks et les canaux de distribution étant limités, établir un ordre de vaccination prioritaire est inévitable. La campagne de vaccination devrait viser les travailleurs essentiels en priorité. Principalement ceux qui ne peuvent pas travailler à domicile et qui se trouvent dans des environnements très fréquentés et en contact avec la clientèle, en particulier lorsque la recherche des contacts n’est pas possible. Cette démarche s’appuie sur les recommandations du Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) qui désigne spécifiquement les travailleurs de première ligne qui ont un contact physique direct et rapproché avec le grand public.
  • Les gouvernements devraient mettre à profit l’expertise du secteur privé dans le déploiement de projets logistiques complexes afin de vacciner plus rapidement un plus grand nombre de personnes. Les provinces devraient chercher à imiter l’effort de vaccination en entreprises du Québec.
  • Les échanges entre amis et membres de la famille sont un facteur important dans la confiance envers les vaccins. Les gouvernements devraient aider les Canadiens à tirer parti de la puissance des médias sociaux pour échanger avec leurs amis et leur famille des histoires positives sur la vaccination. Les autorités sanitaires pourraient encourager cette démarche en autorisant les Canadiens à se photographier en train de se faire vacciner, tout en garantissant la confidentialité du personnel soignant et des autres personnes présentes dans la clinique.

Pour plus de détails sur les vaccins, visitez notre Centre de documentation sur les vaccins pour les entreprises canadiennes, ici.

Pour télécharger notre guide d’une page intitulé Parler des vaccins à vos employés, cliquez ici.