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Enjeux politiques : les trois principaux thèmes de 2025

Remontons le temps pour revisiter les sujets les plus populaires de l’année et voir comment les choses ont évolué depuis leur publication.

16 décembre 2025

Merci de nous avoir suivis pendant une autre année d’Enjeux politiques, notre série mensuelle d’articles de blogue qui transforme les politiques publiques complexes en lectures informatives et intéressantes.

Bien que nous ayons abordé un large éventail de sujets en 2025, allant du B7 à l’approvisionnement fédéral en passant par le déficit de compétences au Canada, les thèmes phares de cette année ont été la sécurité énergétique, la souveraineté économique et le secteur agricole et agroalimentaire canadien.

Remontons le temps pour revisiter les sujets les plus populaires de l’année et voir comment les choses ont évolué depuis leur publication.


Le secteur canadien de l’agriculture et de l’agroalimentaire, qui englobe l’agriculture primaire, la transformation et la distribution, ainsi que de nombreuses industries connexes, fournissait 1 emploi sur 9 au Canada, générait environ 7 % du PIB canadien et exportait près de 100 milliards de dollars de marchandises en 2023. Ces chiffres prouvent que le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire est une pierre angulaire de l’économie canadienne et qu’il est extrêmement important pour la prospérité du pays. Et il a encore plus à offrir.

Dans le cadre des enjeux politiques sur l’agriculture et l’agroalimentaire , nous avons demandé au gouvernement de soutenir les agriculteurs, les producteurs et l’industrie canadiens pendant cette période de turbulences géopolitiques, et d’aider les agriculteurs et les producteurs canadiens à conquérir de nouveaux marchés.

Il semble que le gouvernement ait entendu : des ajustements aux programmes Agri-stabilité et Paiements anticipés apporteront un soulagement financier aux producteurs touchés par les perturbations commerciales. Nous sommes également ravis de constater que le budget 2025 prévoit des mesures visant à soutenir l’ouverture et la création de nouveaux marchés pour les produits agroalimentaires canadiens, notamment le financement du programme Agri-marketing et la modernisation des processus de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Cependant, nous continuons à demander instamment que des progrès plus rapides soient réalisés en matière de réduction du fardeau administratif et qu’une plus grande importance soit accordée au soutien à l’adoption des technologies et à l’innovation dans ce secteur.


L’énergie est si facilement accessible et fiable dans la plupart des régions du Canada que nous ne pensons pas toujours à sa provenance ni à ce que nous ferions sans elle. La nouvelle économie numérique a besoin de plus de puissance et d’énergie que jamais, et pour que notre prochaine génération puisse être concurrentielle et prospérer, nous devons renforcer nos capacités à l’échelle nationale.

Dans cette édition d’Enjeux politiques, nous avons soulevé la question de la réalisation de grands projets. Depuis février, date à laquelle cet article a été publié pour la première fois, le projet de loi C-5 a été adopté et le Bureau des grands projets a ouvert ses portes au cours de l’été. Tout en félicitant le gouvernement d’avoir envoyé les bons signaux, nous continuons à plaider en faveur d’un système équitable, cohérent et fiable pour tous les projets. Le véritable baromètre de la réussite sera le moment où nous n’aurons plus besoin d’un Bureau des grands projets pour guider les projets de construction nationale dans le labyrinthe des réglementations gouvernementales et de la bureaucratie.

Une mise à jour plus récente est le Protocole d’entente entre le Canada et l’Alberta, qui stipule : « Le Canada et l’Alberta, en étroite collaboration avec les peuples autochtones et l’industrie, doivent travailler en coopération, et dans le respect de leurs compétences respectives, afin de créer les conditions nécessaires à la mise en place d’infrastructures, notamment les oléoducs, les chemins de fer, les installations de production d’électricité, un réseau de transport d’électricité solide et intégré, les ports et autres moyens, qui permettront de dynamiser et d’accroître la production et le transport de ressources naturelles dans l’Ouest canadien. »

Pour que le Canada réalise son potentiel de superpuissance énergétique et fasse face aux changements géopolitiques croissants, une collaboration sans précédent est nécessaire entre le gouvernement fédéral et les provinces. Nous demandons depuis longtemps aux gouvernements provinciaux, territoriaux et fédéral de collaborer afin de bâtir un secteur énergétique responsable et prospère, d’attirer les investissements, de créer des emplois et de renforcer le caractère concurrentiel du Canada. 


En réponse aux droits de douane imposés par les États-Unis et aux défis économiques auxquels fait face le Canada, nous avons lancé en février le plan visant à s’unir pour le Canada, qui propose de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour bâtir une économie canadienne plus forte et plus résiliente. Le plan était axé sur quatre domaines prioritaires : le commerce intérieur, les infrastructures, le fardeau administratif et la fiscalité.

Tenir la promesse du libre-échange intérieur

Des progrès encourageants ont été réalisés tout au long de l’année dans ce domaine prioritaire, mais nous sommes particulièrement satisfaits que les gouvernements provinciaux, territoriaux et fédéral aient signé l’Accord canadien de reconnaissance mutuelle en novembre. Cet accord permet le commerce de milliers de produits au-delà des frontières intérieures et constitue une avancée positive vers la libre circulation des marchandises, réduisant ainsi la fragmentation et les coûts pour les entreprises canadiennes. Nous attendons avec impatience la mise en œuvre et l’extension de cet accord à l’ensemble des marchandises.

Améliorer les infrastructures commerciales existantes

La réussite économique du Canada repose sur son statut de nation commerçante. Cependant, le transport de marchandises au Canada vers d’autres provinces/territoires et à l’international n’est pas efficace ni fiable depuis des années. Malheureusement, nous n’avons pas constaté beaucoup d’élan positif sur cette priorité. Bien que le budget fédéral prévoie la création du Fonds national des corridors commerciaux et du Fonds d’infrastructure pour l’Arctique, ces investissements doivent être suivis de mesures concrètes visant à réduire le fardeau administratif pour tous les projets d’infrastructure, et pas seulement ceux désignés par le Bureau des grands projets.

Réduire le fardeau administratif

Même si nous pensons que le budget fédéral a entendu l’appel des entreprises à se concentrer sur l’économie, il reste encore un besoin urgent de réduire le fardeau administratif. Selon le Laboratoire de données sur les entreprises de la Chambre de commerce du Canada, nous n’avons constaté une réduction du fardeau administratif qu’en période de crise, comme lors de la crise économique mondiale de 2008 et de la pandémie de COVID-19. Sinon, les réglementations gouvernementales n’ont cessé d’augmenter depuis 2006, en particulier au cours des cinq dernières années. Le Laboratoire de données sur les entreprises prévoit que le nombre total d’exigences réglementaires fédérales atteindra environ 348 700 en 2025, contre 320 900 en 2021, et qu’il faudra en moyenne neuf heures pour se conformer à chaque réglementation fédérale!

En juillet, le gouvernement a annoncé une révision du fardeau administratif. Les résultats des rapports sur 60 jours ont permis de cerner 500 réalisations récentes et mesures prospectives visant à réduire le fardeau administratif. Cela représente une occasion cruciale. En décembre, les secteurs privé et public se sont réunis lors du Sommet sur la réduction du fardeau administratif, organisé en partenariat avec le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada. Notre objectif commun était de mettre en place une réglementation plus concurrentielle et plus favorable aux entreprises, et de trouver un moyen d’intégrer de manière permanente la réduction du fardeau administratif dans les activités de notre gouvernement, du Bureau des grands projets à Santé Canada et au-delà.

Réduction des impôts

Le Canada n’a pas procédé à un examen complet de son système fiscal depuis la fin des années 1960. Beaucoup de choses ont changé depuis lors. En cette période d’incertitude, le gouvernement devrait faire tout son possible pour assurer la stabilité.

Les programmes et services sociaux auxquels les Canadiens accordent de l’importance dépendent des recettes publiques générées par le secteur privé. Pour vraiment améliorer ces programmes, le gouvernement doit aider le secteur privé à croître, sinon il continuera à taxer une base déjà épuisée.

Nous avons été heureux de voir que le gouvernement a annulé la hausse proposée de l’impôt sur les gains en capital et que le budget fédéral a supprimé la taxe sur les services numériques, source de discorde et irritant commercial notoire avec les États-Unis. Mais ce n’est qu’un début. Si les droits de douane sont aujourd’hui au centre des préoccupations, ce sont les changements structurels apportés aux régimes fiscaux et réglementaires américains qui constitueront un véritable défi pour la compétitivité à long terme du Canada.

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