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La Chambre de commerce du Canada comparaît devant le Comité permanent du commerce international
Malgré l’incertitude mondiale qui continue d’influencer les perspectives du Canada. L’élimination de ces obstacles pourrait entraîner une augmentation importante du PIB et améliorer la compétitivité.
Le jeudi 23 avril 2026, le vice-président, Politiques stratégiques et chaînes d’approvisionnement, de la Chambre de commerce du Canada, Pascal Chan, a comparu devant le Comité permanent du commerce international de la Chambre des communes dans le cadre de son étude sur le libre-échange au Canada.
Dans ses remarques, Pascal a souligné que, malgré l’incertitude mondiale qui continue d’influencer les perspectives du Canada, plusieurs obstacles à la croissance sont d’origine interne — notamment les restrictions au commerce interprovincial qui freinent la productivité et l’expansion économique. L’élimination de ces obstacles pourrait entraîner une augmentation importante du PIB et améliorer la compétitivité.
Les remarques d’ouverture et l’enregistrement peuvent être consultés ci-dessous.
Merci, madame la Présidente.
Je m’appelle Pascal Chan. Je suis Vice-président, Politique stratégique et chaînes d’approvisionnement à la Chambre de commerce du Canada, le réseau d’affaires le plus important et le plus dynamique du Canada, représentant plus de 400 chambres de commerce et plus de 200 000 entreprises de toutes tailles, de tous les secteurs de l’économie et de toutes les régions du pays pour créer les conditions de notre réussite collective.
Je tiens tout d’abord à remercier les membres du Comité d’avoir entrepris cette étude et de m’avoir invité à participer en tant que témoin. À la Chambre de commerce du Canada, nous cherchons toujours les moyens d’améliorer la croissance économique, la productivité, et la compétitivité de notre pays dans l’économie mondiale.
En ce qui concerne le Libre-échange à l’intérieur du Canada, je commencerai par souligner que les obstacles les plus difficiles à surmonter ne sont pas toujours externes ou évidents. Notre Présidente et cheffe de la direction, Candace Laing, évoque souvent l’importance des changements culturels ou de mentalité. Et c’est parce que, sur ce genre d’enjeu, nous ne pouvons pas nous comporter de manière typiquement canadienne et être trop polis pour discuter ouvertement et admettre ce qui nous empêche d’avancer.
Depuis l’élection du président américain, on a l’impression que les perspectives de notre prospérité économique relancent les Canadiens sur la question de si nous n’aurions pas dû faire preuve de plus de détermination et d’initiative lorsqu’il s’agit d’aspirer à de grandes choses. À cet égard, l’une des conséquences de ces turbulences commerciales que nous vivons a été de nous faire prendre conscience de notre complaisance face aux mesures difficiles mais nécessaires pour permettre à notre économie de croître, tant à l’étranger qu’à domicile. Pour ce qui est de ce dernier point, cela signifie mettre de l’ordre chez nous et s’engager de manière sincère à créer l’unité de l’économie canadienne en supprimant les barrières au commerce interprovincial.
La justification de l’intervention est claire, car de nombreuses études ont démontré que ces barrières ne font que freiner notre croissance économique. En janvier de cette année, un rapport du Fonds Monétaire International a souligné que l’élimination de toutes les barrières commerciales non géographiques et liées aux politiques pourrait augmenter le PIB réel du Canada d’environ 7 % à long terme, ce qui aurait représenté une hausse de 210 milliards de dollars en 2025. Ce chiffre correspond tout à fait à l’estimation du gouvernement du Canada, qui s’élève à 200 milliards de dollars, soit 5 100 dollars par personne.
Il est aussi important de souligner la progression que nous avons observé : la nomination d’un ministre chargé du commerce intérieur depuis décembre 2024, l’élimination des exemptions fédérales dans l’Accord de libre-échange canadien, le dépôt du projet de loi C-5, la signature de l’Accord canadien de reconnaissance mutuelle sur la vente de produits, l’approbation du protocole d’entente sur le camionnage interprovincial, ainsi que les travaux en cours visant à relever les défis liés à de différents secteur. Il s’agit de mesures importantes qui ont reçu beaucoup de soutien de la part du milieu des affaires.
Cela dit, les obstacles liés au commerce interprovincial ne sont pas toutes disparus lorsque le projet de loi C-5 a reçu la sanction royale et que certains accords ont été signés ; plusieurs obstacles demeurent encore au sein des cadres législatifs, réglementaires et politiques des provinces et des territoires. Ces cadres ont été mis en place pour résoudre des problèmes similaires rencontrés dans chaque province, mais ils ont été élaborés et rédigés de manière très différente.
C’est désormais aux provinces et aux territoires qu’il revient de mener le travail difficile consistant à faire le point sur leur situations internes afin de supprimer leurs propres barrières commerciales. La semaine dernière, la Chambre de commerce du Canada a organisé à Ottawa son tout premier Sommet sur l’avenir des affaires, au cours duquel un panel de premiers ministres provinciaux a discuté des points sur lesquels ils peuvent s’entendre dans le contexte actuel ; ils ont souligné que la suppression des barrières au commerce intérieur devait rester une priorité absolue.
Nous espérons que, malgré la progression jusqu’à présent, les provinces et les territoires resteront à la table des négociations afin de continuer leur travail en faveur d’avancées significatives. Cela dit, nous ne pouvons pas accepter sans broncher d’être arrivés jusqu’ici pour finalement nous contenter d’une solution « suffisante ». Si la dynamique ralentie, le gouvernement fédéral devrait envisager d’assortir le versement des principaux transferts fédéraux aux provinces et aux territoires de conditions concernant l’élimination des obstacles au commerce intérieur et à la mobilité de la main-d’œuvre, tel que soulevé dans l’Énoncé économique de l’automne de 2024.
En cette période marquée par une forte incertitude géopolitique et où on ne peut prendre pour acquis la stabilité de notre principale relation commerciale, il est essentiel que nos gouvernements provinciaux, territoriaux et fédéral poursuivent leur travail acharné et précieux afin d’accomplir leur mission.
Merci encore de m’avoir invité et merci pour vos efforts visant à bâtir une nation prospère pour tous les Canadiens. Il me fera plaisir de répondre à vos questions.
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